mercredi 2 mai 2012

Notre société est-elle plus violente ?


Depuis trente ans, les actes violents sont de moins en moins nombreux dans notre société. Cependant, ils nous semblent de plus en plus intolérables.
Le thème de « la violence » est devenu central dans le débat public à partir du début des années 1990. Les responsables politiques commentent en permanence diverses statistiques s’y rapportant : violences sexuelles, violences dans « les banlieues », violences à l’école, homicides, braquages, etc. Les médias relayent et illustrent ces interrogations en puisant dans l’intarissable source des faits divers. Dans la population, il est fréquent de commenter « toute cette violence » pour exprimer une inquiétude allant des tags sur des murs de son quartier jusqu’aux phénomènes de terrorisme international. C’est dire si beaucoup de choses s’amalgament à travers cette notion de « violence » et si le risque est grand de ne faire qu’ajouter aux discours et aux « prénotions », comme disait Émile Durkheim. Si elle veut s’en prémunir, l’analyse à prétention scientifique doit poser deux constats préalables.
• Hétérogénéité des comportements violents. Il n’est pas sérieux de regrouper et d’interpréter ensemble des assassinats mafieux, des infanticides, des violences conjugales, des vols avec violences, des viols, des incestes, des actes de pédophilie, mais aussi des violences verbales en tous genres, des gifles, des coups de poings, des jets de pierre sur des voitures de police, des dégradations d’Abribus ou de cabines téléphoniques, des incendies de véhicules, etc. Ces infractions sont de nature largement différente. Leurs causes, leurs motivations, leurs auteurs, leurs victimes, les lieux et les circonstances de leur perpétration sont extrêmement divers. Il faut donc délimiter un objet présentant une relative homogénéité. Nous parlerons ici des violences interpersonnelles, physiques, sexuelles et verbales. Ceci exclut les violences anonymes de masse de type terroriste, les violences d’État (y compris les violences policières) ou encore les violences politiques collectives telles que les émeutes, ou les actions violentes commises par des groupes d’extrême droite ou d’extrême gauche.
• Construction juridique et sociale des comportements dits violents. Est illégitimement violent ce qu’une société reconnaît comme tel et qu’un droit sanctionne comme tel. La définition des comportements violents n’a rien d’intemporelle, elle ne cesse au contraire d’évoluer dans nos sociétés. Le phénomène est particulièrement net dans le cas des violences faites aux femmes et aux enfants, mais il est beaucoup plus général. Dès lors, comment raisonner sur l’évolution d’un phénomène dont la définition ne cesse de s’élargir ? L’on croit le plus souvent « nouveaux » des comportements qui ne le sont que dans leur dénonciation.
Fort de ce double postulat, nous tentons de construire un cadre interprétatif global et complexe, qui permette d’émanciper la réflexion de l’équation simpliste « réductionversus augmentation de la violence ». Ce modèle sociohistorique consiste dans un ensemble articulé de cinq processus (1)

Transformation du statut de la violence

La célèbre thèse de Norbert Elias sur le « processus de civilisation » – parlons plutôt de « pacification », mot moins normatif – n’est pas obsolète. En effet, contrairement à un préjugé omniprésent dans le débat public, les violences interpersonnelles ne connaissent pas d’« explosion » depuis une quinzaine d’années (encadré ci-dessous). Au contraire, un processus de pacification des mœurs continue à travailler la société française et participe du recul lent, irrégulier mais continu de l’usage de la violence interpersonnelle comme issue aux conflits ordinaires et quotidiens de la vie sociale. Il la réduit parce qu’il a pour conséquence première de la stigmatiser, de la délégitimer. D’où un paradoxe qui n’est qu’apparent : le sentiment général d’une augmentation des comportements violents peut parfaitement accompagner un mouvement d’accélération de leur dénonciation mais aussi de stagnation voire même de recul de leur fréquence réelle. En réalité, notre société ne supporte plus la violence, ne lui accorde plus de légitimité, ne lui reconnaît plus de sens. Du coup, les comportements changent de statut. Ce qui était regardé jadis comme normal ou tolérable devient anormal et intolérable. Ceci concerne massivement les violences sexuelles, les violences conjugales, les maltraitances à enfants, les bagarres entre jeunes. Cette mutation s’étend aussi à la violence psychologique ou morale, sans dommage physique, c’est-à-dire à la violence verbale. De là, la fortune de la notion de harcèlement moral.
Cette transformation de nos sensibilités et de nos représentations s’articule fondamentalement sur une mutation du statut de victime dans la société française. Outre que l’élévation du seuil de sensibilité élargit le champ des actes dénoncés comme insupportables, elle accentue la compassion et l’empathie morale envers les victimes de ces actes, surtout si est présente la notion de souffrance (2). 

Criminalisation : quand l’État veut discipliner

De Karl Marx à Zygmunt Bauman en passant par N. Elias, l’école de Francfort et Michel Foucault, la plupart des traditions intellectuelles s’accordent sur le fait que la disciplinarisation aura été l’une des caractéristiques majeures de la « modernité ». Le débat porte sur les leviers de ce processus. L’action de l’État en a toujours été un. Ainsi, dans les années 1990, confrontés aux conséquences du chômage de masse et du redéploiement des inégalités, à un haut niveau des vols et cambriolages et à une demande de sécurité croissante, la plupart des États occidentaux ont fortement réinvesti leurs prérogatives régaliennes en matière pénale et tenté d’imposer un nouveau contrôle social (3). Le processus de criminalisation en est la clef. Il se poursuit sans discontinuité depuis le début des années 1980 . Le législateur ne cesse de créer de nouvelles infractions ainsi que de durcir la poursuite et la répression d’incriminations préexistantes. De trois manières : en alourdissant les peines encourues, en changeant la qualification de certaines infractions (par exemple de la contravention au délit), et en durcissant la qualification de certaines infractions (surtout les vols et les atteintes aux personnes) par l’ajout de « circonstances aggravantes ». Outre le renforcement continu de la pénalisation des violences sexuelles, des violences visant certaines catégories de personnes (les conjoints, les mineurs, les fonctionnaires), certains lieux (notamment les établissements scolaires) ou certaines circonstances (les manifestations, le fait d’agir « en réunion »), on relève aussi dans les années 1990 la création des délits de bizutage et de harcèlement moral. Enfin, depuis 2002, nous sommes entrés dans une période de véritable frénésie sécuritaire avec près de 50 réformes du code pénal et du code de procédure pénale (4).

Judiciarisation des conflits de la vie sociale

La judiciarisation consiste dans le fait de recourir à la justice pour régler des litiges, conflits, différends en tous genres. Ce processus est bien entendu favorisé par les deux précédents. Mais il est lié aussi à l’évolution des modes de vie en tant qu’ils réduisent les capacités de régulation des conflits interindividuels dans les microcommunautés sociales. L’urbanisation se poursuit en effet en raison du développement de la périurbanisation, cette dernière ne s’accompagnant en réalité d’aucune reconstruction de dynamique communautaire. Au contraire, les modes de vie périurbains séparent toujours plus le lieu d’habitat familial du lieu de travail, des commerces où l’on fait ses courses et parfois des équipements scolaires, des loisirs et des lieux de l’engagement associatif. Nos lieux d’habitation sont par conséquent toujours plus anonymes. En centre-ville, ne pas connaître ses voisins est courant, l’anonymat est la règle dans les transports en commun et dans les lieux de loisirs. De manière générale, les contacts de proximité s’amenuisent à une vitesse accélérée. Dès lors s’accentue encore un mouvement ancien de réduction des capacités de règlement infrajudiciaire des conflits inter­individuels. Faute d’interconnaissance, d’habitude du dialogue et de médiation, les individus se retrouvent seuls entre eux pour réguler leurs conflits et n’ont d’autre solution, s’ils ne parviennent pas à s’entendre, que de se retourner vers les pouvoirs publics.
Ainsi les principaux changements enregistrés dans les zones de gendarmerie ne résident pas dans la nature des comportements délinquants mais, d’une part, dans l’élargissement de la définition de la délinquance, d’autre part dans les transformations des façons de travailler des gendarmes et des comportements de plainte des habitants. À tel point que ce dont les gendarmes se plaignent le plus est l’évolution des comportements des habitants qu’ils décrivaient tour à tour comme « assistés », « individualistes » et les harcelant de petites demandes ne relevant pas, selon eux, de leur compétence, s’agissant en particulier de conflits de voisinage, d’incivilités attribuées aux jeunes et de conflits conjugaux ou familiaux dans lesquels les gendarmes se sentent parfois même instrumentalisés (5).

Compétition pour les biens de consommation

À l’orée des années 1960, la société française connut une très forte croissance de la proportion des jeunes. Les phénomènes de délinquance juvénile s’en trouvèrent donc également plus nombreux. Le débat public de l’époque s’en fit du reste l’écho à travers la peur des « blousons noirs ». Toutefois, derrière les constructions médiatiques basées sur des événements spectaculaires mais rares, le cœur de la délinquance juvénile et de son augmentation est alors constitué par des vols. Certains sont d’un genre nouveau. Ni vol de survie du pauvre, ni du vol « professionnel », ils visent des objets qui incarnent la société de consommation : la Mobylette et la voiture. L’essor constant de cette société de consommation s’accompagne ainsi du développement d’une délinquance d’appropriation qui constitue une sorte de redistribution violente. La « modernité » se caractérise donc aussi par cette compétition de plus en plus âpre pour la possession des biens de consommation, dans une société où l’anonymat facilite grandement la tâche des voleurs. Là réside la caractéristique principale des transformations de la deuxième moitié du XXe siècle. De fait, le principal risque dans la société française contemporaine est de se faire voler des biens ou de l’argent permettant d’acquérir des biens, dans son commerce, chez soi ou dans l’espace public : voiture, scooter, sacs à main, vestes et portefeuilles, bagages, et désormais aussi téléphones portables, MP3, ordinateurs portables, consoles de jeux, etc. Et de se faire violenter si d’aventure on tente de résister au vol.

Ségrégation : des « ghettos » à la française

Après avoir analysé des processus qui traversent toute la société française, il faut s’interroger sur les différences relatives des types de territoire et de groupes sociaux les habitant. Non seulement les modes de vie des « hypercentres » diffèrent largement de ceux des zones rurales « profondes » et des zones périurbaines en pleine croissance, mais au sein même des « banlieues » des moyennes et grandes villes, la polarisation sociale ne cesse de croître. À tel point que les sociologues n’hésitent plus à parler de « ghettoïsation » (Didier Lapeyronnie) et de « séparatisme social » (Éric Maurin). Et ces processus ne sont pas seulement spatiosocioéconomiques, ils ont aussi des conséquences psychologiques en termes d’identités collectives (donc de frontière tant sociale que mentale).
Les enquêtes annuelles de victimation de l’Insee signalent que les agressions, comme les vols contre les particuliers, sont plus intenses dans les zones urbaines sensibles (zus). Les enquêtes locales de victimation du Cesdip précisent que les zus n’enregistrent des taux vraiment plus élevés qu’en matière d’agressions intrafamiliales. Nos études sur dossiers judiciaires appuient ce constat de violences graves (tant les homicides que les coups et blessures suivis d’ITT (6), chez les majeurs comme chez les mineurs), produites la plupart du temps dans le cadre de l’interconnaissance et souvent dans des relations familiales ou conjugales. Elles surviennent plus souvent qu’ailleurs dans les territoires qui concentrent les personnes en situation de grande précarité socioéconomique. Facteur supplémentaire de mal-être, de dépressivité, de stress et d’agressivité, cette dernière ne peut qu’envenimer les conflits interpersonnels à tous les niveaux : au sein des familles, entre voisins, entre groupes de jeunes, entre les familles et les enseignants et entre les jeunes et les policiers. C’est ici une sorte de violence du ressentiment, de l’échec et de l’humiliation.
Alliée au développement continu de la société de consommation, cette ségrégation constitue le principal facteur contredisant le processus général de pacification des mœurs commencé à la fin du Moyen Âge en Europe (7). C’est donc à la question de l’organisation démocratique de la répartition des richesses déterminant les conditions de vie que renvoie aussi in fine l’analyse de l’évolution des violences interpersonnelles dans nos sociétés dites « postmodernes ».

Quel avenir pour les questions de « violence » ?

La prospective est un exercice difficile pour un sociologue. Le modèle sociohistorique proposé est complexe, il articule cinq processus de nature différente. Les cinq processus semblent devoir se poursuivre voire même s’amplifier lorsqu’ils correspondent à des évolutions profondes dans nos modes de vie et nos représentations. Pacification, judiciarisation et compétition pour la consommation semblent ainsi devoir continuer à se développer de plus belle dans les années à venir. Le processus de ségrégation continue actuellement à s’enraciner, les évaluations nationales – comme le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles – n’étant guère rassurantes (8). Il relève cependant en bonne partie de l’action (ou de l’inaction) des pouvoirs publics. Reste enfin le processus de criminalisation qui dépend plus directement des évolutions de la gestion politique des questions de sécurité. La stratégie actuelle des pouvoirs publics est de répondre à la « question de la violence » par l’entretien d’un climat d’inquiétude à l’occasion des faits divers (concernant les bandes, les mineurs de moins de 13 ans, les agressions en milieu scolaire, les armes à feu, la récidive, etc.), par un usage frénétique de l’incrimination (c’est-à-dire l’élaboration permanente de nouvelles lois durcissant le code pénal, souvent même avant que l’on dispose d’évaluations des précédentes) et par une prévention qui se réduit quasiment à la vidéosurveillance (dont l’efficacité est critiquée dans le milieu scientifique). On pourrait imaginer une autre gestion politique, mais ce n’est plus de l’ordre de la prospective.

Comment vivre sans Dieu ?



Comment vivre sans Dieu ?


Quand certains défendent aujourd'hui qu'une société ne peut se passer de religion, des philosophes prennent la plume pour se faire les avocats d'un projet athée. Un projet qui mobiliserait laïcité, morale et spiritualité… et écarterait Dieu
Athée est un terme étymologiquement négatif. Il vient du grec, et se divise en a- (sans) et theos (dieu). Un athée est donc un sans-dieu. Un type qui se prive de transcendance divine et de tout ce qui est censé aller avec, compassion, spiritualité… Pour peu que l’on accorde crédit à l’hypothèse qui fait de la religion la source de la morale, du vivre-ensemble. Cette perspective acquiert aujourd’hui un certain relief médiatique avec la vulgate répétée d’un retour mondial du religieux, avec l’engagement public d’hommes politiques occidentaux (1), avec enfin une tentation croissante de calquer une explication monocausale sur les multiples conflits du moment, recourant pour ce faire à la seule grille des oppositions religieuses. Julia Kristeva parle ainsi de notre époque comme de « sombres temps où la certitude nihiliste des uns croise l’exaltation fondamentaliste des autres (2) ». Doit-on pour autant penser que le monde se résume à un conflit permanent entre groupes religieux, qui ne reconnaîtraient comme ennemis communs qu’une poignée d’athées nihilistes ?
Vitupérant cette lecture manichéenne de l’actualité, deux philosophes français ont pris la plume, se revendiquant d’une thèse qui, en d’autres temps, aurait frôlé l’hérésie : on peut être athée et tolérant, la foi n’est pas l’essence même du vivre-ensemble, les religions n’ont pas le monopole de la morale. Bref, le xxie siècle sera laïque ou ne sera pas. L’Esprit de l’athéisme d’André Comte-Sponville (3) et le Traité d’athéologiede Michel Onfray (4) ont connu un beau succès d’édition. Que trouve-t-on dans ces deux essais ?

Une sagesse pour notre temps

Appelons le premier avocat de l’athéisme à la barre : A. Comte-Sponville, né en 1952. Son ambition affichée est de renouer avec l’idéal ancien de sagesse, tout en assumant les défis de la modernité tels qu’on les voit apparaître chez Friedrich Nietzsche, Karl Marx et Sigmund Freud.
Cela implique d’élaborer une métaphysique matérialiste, une éthique humaniste et une spiritualité sans Dieu, l’addition de ces trois prémisses aboutissant à construire« une sagesse pour notre temps ». Bref, un programme d’envergure, qui ne vise rien de moins qu’à faire de l’athéisme une valeur d’avenir. Pour A. Comte-Sponville, un athée peut bien évidemment faire siennes les valeurs judéo-chrétiennes (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas convoiter l’épouse du voisin…). La morale n’est pas un monopole du religieux. Certains disent que l’on ne peut se conduire correctement que si l’on croit que Dieu compte les écarts et les sanctionne post mortem. Rien de plus faux, s’insurge notre philosophe. Croire en Dieu n’a jamais empêché un fanatique de transgresser des valeurs supérieures. L’histoire nous montre avec constance que le meurtre au nom de Dieu est un phénomène universel. Ce qui fait la morale, c’est un choix conscient. Et l’humaniste, libéré du regard de Dieu, peut décider en conscience d’être moral.
Second avocat : Michel Onfray, médiatiquement consacré, répétitivement dénoncé aussi pour son réquisitoire sans concession contre tout ce qui porte soutane, kippa ou voile. Bah, qu’importe ! L’auteur signe un pamphlet, le genre s’accompagne obligatoirement d’effets de manche outranciers. Le texte figurant en quatrième de couverture de son ouvrage résume à lui seul l’intention du livre : « Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la loi et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l’au-delà, l’ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l’épouse et la mère, l’âme et l’esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré. » Rien de moins.

Déconstruire le religieux

L’athéologie se présente donc comme une science de la déconstruction du religieux, une discipline qui suppose « la mobilisation de domaines multiples » : psychologie et psychanalyse pour « envisager les mécanismes de la fonction fabulatrice » ; archéologie pour mettre les livres saints à l’épreuve du témoignage factuel ; linguistique, histoire, etc. Et philosophie pour coordonner l’entreprise, avec en ligne d’horizon l’avènement d’« une physique de la métaphysique, donc une réelle théorie de l’immanence, une ontologie matérialiste ».
M. Onfray multiplie les exemples piochés dans l’histoire des religions – et donc les risques de se faire anathémiser – afin de faire de son argumentaire un acte d’accusation valant condamnation à mort. Son discours, très documenté, ne comporte que très peu d’erreurs factuelles. Il n’est pas faux, il est juste orienté. Il souligne méthodiquement la face obscure des religions, les contradictions qui émaillent Bibles et Coran, et s’abstient avec constance d’évoquer les lumières d’une Andalousie de la tolérance, d’un Maïmonide, d’un Ibn al-Muqaffa’ (5) ou d’un Matteo Ricci.
Ceci dit, rien de tout cela n’a d’importance. Comme tout essai, ces deux ouvrages valent en fait davantage par leur objectif que par les arguties qui y sont développées. Et cet objectif est d’ouvrir une réflexion que l’on pourrait résumer par : « Que serait une spiritualité – ou une ontologie – athée ? » On pourrait dire que M. Onfray commence le travail en déconstruisant, sur une base qui mêle histoire et actualités, les discours qui veulent obstinément faire rimer religion avec morale, compassion, etc. ; et que A. Comte-Sponville le prolonge en éreintant philosophiquement ces mêmes présupposés. Il entreprend ainsi de démontrer l’inanité de la preuve ontologique attribuée à saint Anselme (xie siècle), qui veut que Dieu, par définition, soit parfait, et que sa perfection ne puisse se concevoir sans existence. Puis il s’attaque à la preuve cosmologique, dont Gottfried Leibniz s’est fait l’écho, qui postule que puisque le monde est, il lui faut une cause, et que cette cause ne peut être que Dieu. Mais tout fait a-t-il nécessairement une cause ? Et de passer en revue les autres arguments en faveur de l’existence de Dieu, les réduisant en poudre en les passant au crible du raisonnement.

Affranchir la raison de la foi

Au final, A. Comte-Sponville entreprend de dresser les grandes lignes d’une spiritualité athée. L’extase, par exemple, ce fameux sentiment océanique, peut se vivre en dehors de toute croyance. La spiritualité, la réflexion sur l’infini, toutes ces choses ne sauraient être monopoles des croyants… Certes. Mais l’exercice montre vite ses limites. La spiritualité se vit davantage qu’elle ne se conçoit sur le papier. À cette aune-là, A. Comte-Sponville prêche davantage pour les convaincus que pour les sceptiques.
Nos deux plaideurs de l’athéisme sont les héritiers d’une longue histoire. La question de l’athéisme semble inscrite dans l’essence même d’une pensée philosophique qui, dès l’Antiquité grecque, entend explorer les causes de notre existence. Démocrite, qui entendait limiter les certitudes au monde observable, Anaximandre, qui avait essayé de comprendre l’univers par l’observation et non par le recours aux mythes, ou Socrate, qui pensait que l’homme pouvait de lui-même accoucher de la vérité, avaient déjà pavé la voie aux futurs libres-penseurs. Au xive siècle, à une époque où le terme d’athée renvoie à ce qui n’est pas chrétien (en d’autres termes, à tous ceux, hérétiques, mahométans…, qui n’adhèrent pas à l’Église), Guillaume d’Ockham va distinguer le temporel du spirituel, et affranchir la raison de la foi. Contre Thomas d’Aquin qui entend subordonner la raison à la foi, Guillaume d’Ockham plaide que la philosophie, dans sa recherche des causes, ne saurait en aucun cas être la « servante » de la théologie : il n’y a aucun rapport entre ces deux disciplines. Ce moine franciscain, dans lequel il serait bien prématuré de vénérer un précurseur de l’athéisme, ouvre néanmoins d’un coup de rasoir (6) une large brèche dans laquelle s’engouffreront ceux qui instaureront ultérieurement le règne de la science et de l’humanisme.

Le coup de Jarnac de Darwin

La saga est connue. Elle est scandée entre autres par les grands noms des « martyrs » de la liberté de penser. Copernic, qui murmure que le Soleil ne tourne pas autour de la Terre. Giordano Bruno, qui hurle jusqu’au bûcher que l’univers est infini. Galilée, qui défend et démontre les hypothèses coperniciennes avant de se rétracter. L’épopée de la libre-pensée, dont se réclament certains athées d’aujourd’hui, se confond avec la marche du savoir positif, qui cherche à s’affranchir du carcan de l’Église ; avec la volonté de penser librement, qui s’incarne aussi dans un Spinoza ou un Montaigne… À la différence d’un abbé Meslier qui, dès le xviiie siècle, dénonce la fausseté des religions, ces gens-là ne sont pas athées au sens propre du terme. Leur univers mental reste d’une façon ou d’une autre teinté de sacré. Mais ils élaborent cette pensée qui fera perdre à l’Église le contrôle qu’elle exerçait sur la société. L’imprécateur qu’est M. Onfray, au passage, vitupère les « déistes » que sont Denis Diderot ou Voltaire, qu’il accuse avec d’autres d’avoir été les fossoyeurs de l’œuvre des « véritables athées » qu’étaient l’abbé Meslier, le baron d’Holbach ou Ludwig Feuerbach.
Puis vient le prophète aujourd’hui adulé par les athées, Nietzsche, dont on souligne à l’envi qu’il a proclamé (prématurément ?) la mort de Dieu. Les écrits de Marx abolissent quant à eux l’idée qu’une société ou qu’une histoire ne peuvent être que religieuses. Charles Darwin, avec sa théorie de l’évolution, porte un coup de Jarnac aux tenants d’une lecture littérale de la Bible. De grands esprits scientifiques, de Paul Broca à Marcelin Berthelot, se convertissent à l’athéisme.
Aujourd’hui, se dire athée peut se vivre de deux façons. Cela peut relever d’un acte militant, qui revendique un monopole sur les Lumières, qui fait rimer sa lutte avec défense de la laïcité, et qui fait de la raison le revers obligé de l’obscurantisme religieux. Ces athées-là, libres-penseurs, se voient comme les hérauts de la modernité et portent aux nues M. Onfray. Plus discrets, peut-être plus nombreux, les athées moins impliqués trouveront quant à eux chez A. Comte-Sponville les arguments qui leur permettront de justifier ce scandaleux « mais comment peut-on être athée ? ». Mais une fois la messe dite, il faut reconnaître que la spiritualité athée, si une telle chose est possible, reste à construire. Les athées des deux catégories communieront de toute façon en entendant M. Onfray conclure : « Le travail reste à faire. Et il est planétaire. » 

Vie de couple : les 10 ennemis du couple


Vie de couple : les 10 ennemis du couple

Certains éléments perturbateurs peuvent mettre KO un couple. Voici une liste (non) exhaustive des tue-l'amour rédhibitoires, et quelques astuces pour les neutraliser.




La jalousie maladive
« T'étais où ? », « Avec qui ? », « Je sens que tu me trompes ! ». La jalousie est souvent touchante au début d'une histoire, mais quand elle est excessive et maladive, elle devient nuisible à votre relation. Alors mettez fin aux interrogatoires épuisants et faites lui enfin confiance !
Les sujets politiques
A quelques semaines des élections présidentielles, les discussions politiques sont souvent enflammées. Et quand un couple ne partage pas les mêmes idées, ça peut vite virer au cauchemar. Un français sur 2 avoue même que la politique est une source de conflit au sein du couple. Alors un conseil : évitez le sujet !
Le laisser-aller
Il est essentiel de faire des efforts pour séduire votre partenaire au quotidien. Monsieur, évitez de laisser la porte des toilettes ouverte, ou encore de vous couper les ongles devant votre chérie. Quand à Madame, ne faites jamais pas l'impasse sur l'épilation.
Les enfants
Ils vous réveillent en pleine nuit, sont malades, réclament une attention permanente. Du coup, votre couple passe souvent au second plan ! Un conseil : même si vous êtes dingos de votre progéniture, n'hésitez pas à déléguer. Confiez-les donc, le temps d'un week-end à vos parents afin de vous retrouver en tête à tête.
Le « no-sex »
Exit l'abstinence ! On ne le répètera jamais assez : le sexe, c'est capital dans un couple. Faites donc preuve de fantaisie et d'imagination pour pimenter votre vie sexuelle. Une belle manière de raviver la flamme dans votre couple !
Le boulot 
Le boulot vous rend nerveux, fatigué, alors le soir quand vous retrouvez votre chéri(e), vous ne parlez que de ça! Votre travail ne doit pas empiéter sur votre vie de couple. Quand vous rentrez chez vous, éteignez votre portable, et essayez de laisser vos problèmes professionnels derrière vous.
Les critiques
« Tes blagues ne font rire personne », « T'as pas pris quelques kilos ?», « Encore un projet que tu ne réaliseras pas... » . Evitez de juger trop durement votre partenaire. Vous ne vous en rendez pas forcément compte mais les critiques répétées et méprisantes peuvent anéantir votre amour. Alors, préférez plutôt le (la) mettre en valeur !

Les meilleurs potes 
Monsieur, votre meilleur pote débarque chez vous à l'improviste? Madame, vous passez vos soirées au téléphone avec votre copine ? Méfiez vous des meilleurs potes, ils peuvent vite devenir intrusifs et mettre la pagaille au sein de votre couple. Alors un conseil : prenez quelques distances avec eux et préservez votre intimité.
La télévision dans la chambre
C'est la briseuse de couple par excellence ! Elle est néfaste pour votre relation et surtout pour votre libido. Les couples disposant d'un téléviseur dans leur chambre font deux fois moins l'amour que les autres. Alors vite, on la supprime !
Le manque d'attention 
C'est quand la dernière fois que vous lui avez fait un compliment ? Une surprise ? Une déclaration d'amour ? Le manque d'attention peut souvent conduire l'un des deux à aller voir ailleurs. Donc n'hésitez pas à dévoiler vos sentiments, à surprendre votre partenaire et à vous octroyer des moments à deux le plus souvent possible.
La belle famille
Le beau père autoritaire, la belle mère donneuse de leçons, la sœur dépressive, ça vous dit quelque chose ? N'oubliez pas que dans 20% des cas, la belle-famille est responsable de la séparation d'un couple! Il est peut être temps de couper le cordon et de faire de votre couple une priorité !
L'ex 
Méfiez -vous surtout de l'ex qui partage des tonnes de souvenirs avec votre amoureux (se) et vous fait bien comprendre qu'elle le (la) connait mieux que personne. Son but : vous évincer. Alors un conseil : ne montrez jamais que vous vous sentez exclu(e), et optez pour l'indifférence.
L'ennui
Après quelques années, il arrive souvent qu'un couple n'ait plus grand-chose à se dire, au point même de ne plus échanger un seul mot au restaurant. Si vous voulez sauver votre histoire, il est important de vous recréer des envies communes, des projets. Ca vous donnera envie d'avancer ensemble.

20 phrases que les femmes aimeraient entendre de la bouche de leurs hommes


20 phrases que les femmes aimeraient entendre de la bouche de leurs hommes


Voici un petit florilège des déclarations, compliments et révélations que les femmes rêveraient d'entendre un peu plus souvent. Mais attention, messieurs, faites preuve de sincérité car les femmes savent très bien démasquer les imposteurs !



Claire, 38 ans : « Tu rajeunis de jour en jour»
« A l'heure où je passe ma vie à scruter la moindre ridule et à envisager le recours au botox, j'aimerai trop qu'il me dise que le temps n'a aucune emprise sur moi »
Alison, 34 ans : « Tu es la seule femme qui a compté dans ma vie »
« Je sais que mon homme a eu plein d'histoires, mais j'aimerais tant l'entendre dire que je suis la seule, l'unique à se yeux»
Jeanne, 37 ans : « On le fait quand ce bébé ? » 
« Je suis toujours tombée sur des hommes qui avaient peur que je tombe enceinte. J'aimerai bien que mon nouveau chéri se sente prêt à fonder une famille... »
Coralie, 27 ans : « Accompagne moi ce soir, j'ai trop peur de m'ennuyer sans toi»
« J'adorerai qu'il me dise ça. Car mon homme préfère passer du temps seul avec ses copains et évidemment, je passe la soirée à l'imaginer dans les bras d'une autre »
Justine, 28 ans : « Aujourd'hui, on se fait une virée shopping, je t'achète ce que tu veux ! »
« J'ai toujours rêvé de me prendre le temps d'une journée pour Julia Roberts dans « Pretty Woman » même si mon homme ne ressemble pas tout à fait à Richard Gere »
Marie, 25 ans : « Kate Moss ? Mais tu es beaucoup plus jolie...»
«Un compliment qui ferait tourner la tête de plus d'une femme.. ! »
Pauline, 49 ans : « Tu veux quoi pour le diner ce soir ? »
« Chaque soir, c'est moi qui lui prépare à diner, si seulement un jour, il pouvait prendre le relais » 
Brigitte, 42 ans : « J'ai annulé le brunch chez mes parents, on reste tous les deux en amoureux » 
« Tous les dimanches, j'ai le droit au couscous familial qui dure des heures. Si une fois, je pouvais y échapper, ce serait le bonheur ! »
Clara, 22 ans : « Dépêche toi, Y'a the Voice qui commence ! »
« J'aimerais trop qu'on regarde ce programme ensemble en débriefant sur les prestations, au lieu de ça, il me regarde l'air totalement désespéré...»
Perrine, 38 ans : « Au lit, tu es un incroyable !»
« Même si ça fait 5 ans qu'on est ensemble, j'aimerais qu'il me dise que je suis toujours aussi attirante et excitante »

Agathe, 34 ans : « Tu t'es fait couper les cheveux ? Ca te va vraiment bien !»
« Nouvelle coupe, nouveau vêtement, il ne voit jamais rien, du coup j'ai l'impression qu'il ne me regarde plus, j'aimerai bien qu'il remarque un peu plus certains changements chez moi »
Julia, 46 ans : « Je t'aime... » 
« Mon homme considère qu'il passe sa vie à me prouver qu'il m'aime...Mais, selon moi, il me le dit bien trop rarement»
Caroline, 40 ans : « T'es vraiment trop intelligente ! »
« Ca me changerait car mon homme n'arrête pas de lever les yeux au ciel dès que je m'exprime sur un sujet d'actualité ! »
Clémence, 34 ans : « Ce week-end, je t'ai préparé une petite surprise »
« Le temps passe trop vite et on a du mal à se retrouver tous les deux, un petit week-end surprise nous permettrait de nous retrouver enfin un peu seuls.. »
Laura, 35 ans : « Tu n'as pas besoin de maquillage, tu es tellement belle au naturel»
« Si seulement, il me pouvait me dire ça un jour, je serais la plus heureuse des femmes.... »
Camille, 50 ans : « Tu gères tout d'une main de fer »
« Je passe ma vie à gérer les enfants, le boulot, les courses, la maison, alors un peu de reconnaissance de temps en temps, ça ferait du bien ! »
Emmanuelle, 48 ans : « Tu vas y arriver, j'ai confiance en toi ! »
« J'ai toujours plein d'idées, de projets mais je trouve que mon mari ne m'encourage pas assez. J'aimerai qu'il soit un peu plus derrière moi »
Margot, 40 ans : « Va donc passer une soirée avec tes copines ? Je m'occuperai des enfants »
« Celle qui a un homme qui propose ça doit être une femme comblée ! »
Jessica, 31 ans : « Si c'était à refaire, je referais tout pareil avec toi »
« Il me l'a dit il y a quelques années et j'aimerais beaucoup l'entendre à nouveau, c'est pour moi la plus belle déclaration d'amour »
Chloé, 31 ans : « Veux-tu être ma femme ? »
« Parce qu'après 5 ans de vie de commune, j'estime que ce serait bien qu'il se lance enfin ! »
Et vous que rêveriez vous d'entendre ?

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