jeudi 20 juin 2013

A quels seins se vouer? Taille de la poitrine et comportement des hommes



Pour 38 % des hommes, la poitrine est le premier élément d'évaluation de la beauté d'une femme. © Baptigrou/Flickr, Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)

De tous les attributs physiques que possède la femme, c’est manifestement vers la poitrine que semblent converger tous les regards des hommes.


Wildman et Wildman (1976) ont présenté à des hommes des photographies de femmes dénudées provenant de magazines. On leur demandait de dire quels étaient les éléments qu’ils regardaient initialement pour juger de l’attrait d’une femme : 38 % des hommes déclareront la poitrine en premier, puis les fesses (24 %), les parties génitales (21 %) et 18 % les jambes. Le visage semble avoir été occulté dans l'ensemble de ces réponses, car il revêt un aspect plus esthétique que sexuel.

Le jugement d'une femme selon la taille de sa poitrine

Si la recherche en psychologie met souvent en évidence la contagion des jugements, on constate que la taille de la poitrine n’échappe pas à la règle : elle affecte les jugements des qualités personnelles des personnes. 
Dans une autre recherche menée par Kleinke et Staneski (1980), des photographies de femmes ont été faites et on leur demandait de prendre la pose en condition normale (elles avaient de petits seins) ou en introduisant du coton dans leur soutien-gorge de manière à avoir une taille de poitrine moyenne ou plutôt forte. Des étudiants devaient examiner les photographies : il s’agissait donc de prises de vue de poitrines naturelles composées de petits seins, de poitrines dans la moyenne ou de poitrines plus fortes. Les sujets devaient évaluer la jeune femme à l’aide d’un questionnaire contenant 12 échelles d’adjectifs bipolaires (soumise/dominatrice, pas modeste/modeste, dépendante/indépendante…). Les sujets devaient également dire à quel point ils souhaitaient rencontrer cette personne, si elle ferait une bonne épouse, à quel point ils l’appréciaient, à quel point elle ferait une bonne mère.

La taille de la poitrine d'une femme affecte le jugement de ses qualités personnelles. © Phyre Worx/Flickr, Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)
Les résultats montreront que les jeunes femmes avec une petite poitrine sont perçues comme plus compétentes, ambitieuses, morales ou modestes que les personnes à poitrine moyenne ou forte. Ces dernières sont perçues comme plus incompétentes, paresseuses, immorales et non modestes. Toutefois les chercheurs n’ont pas observé de différence sur les autres mesures.

Bonnet A, B ou C : la différence de comportement des hommes

Si on observe des résultats un peu ambivalents dans l’évaluation des qualités des femmes selon la taille de leurs seins, qu’en est-il des comportements ?
Nous avons conduit une série de recherches dans laquelle ce facteur a été manipulé dans des contextes invitant plus à la mise en place de stratégies relationnelles et de séduction.
Dans une première recherche, une jeune femme possédant un tour de poitrine de 90 cm avec un bonnet taille A effectuait de l’autostop avec un débardeur sans échancrure mais moulant sa poitrine, ses bras et la zone abdominale. À l’aide de feuilles de latex souples, la taille des seins « grossissait » de manière à simuler un bonnet B ou C. On a mesuré le taux d’arrêt des automobilistes. Les résultats apparaissent sans appel :

Taux d'arrêt des automobilistes selon la taille de bonnet de l'autostoppeuse. © Dr
Il est manifeste que, à 90 km/h, avec un temps de décision oscillant entre 1 et 2 secondes, certains attributs esthétiques conduisent à affecter le comportement des conducteurs.
Dans une autre série d’expériences, on a mesuré le nombre de fois où, dans un laps de temps donné, un garçon a abordé la même jeune fille à une terrasse de café alors qu’elle était assise à une table (demander du feu, commencer à discuter…) ou dans une boîte de nuit (discussion, proposition de danse…) alors qu’elle se tenait debout regardant les gens sur la piste de danse. Là encore, pour ce qui est des possibilités d’interaction, les résultats confirment ce qui a été démontré précédemment.

Le rapport entre taille de bonnet et nombre de sollicitations... © DR
Bien évidemment, on observe une différence entre les deux situations (la discothèque est plus propice aux sollicitations) mais, dans les deux cas, les résultats vont dans le même sens. La période des slows en boîte de nuit a eu un effet tout particulièrement important sur le comportement d’invite des garçons dans le cas de l’exhibition des bonnets C.

Conclusion de l'étude

Il s’agit là de résultats étonnants comparativement à la précédente recherche dans la mesure où, à partir des évaluations sur photos, il semble que les hommes préfèrent plutôt la taille intermédiaire. Finalement, les femmes semblent ne pas se tromper sur ce qui détermine le comportement des hommes. C’est aussi peut-être ce qui génère chez des femmes des insatisfactions à l’égard de leur poitrine et explique l’augmentation des opérations de chirurgie esthétique destinées à accroître le volume de leurs seins.

Chez les femmes, le plaisir augmente avec l’âge


La satisfaction sexuelle des femmes augmenterait avec l’âge, annoncent des chercheurs américains. Parmi celles encore sexuellement actives, les deux-tiers connaîtraient l’orgasme quasiment à chaque fois.
La satisfaction sexuelle n'est pas liée à la fréquence des rapports. Plus les femmes prennent de l'âge et plus elles apprécient, tandis qu'elles pratiquent moins souvent. De quoi faire taire les laboratoires qui affirment que 45 % des femmes souffrent de troubles de la libido ? © Hugrakka, Flickr, cc by nd 2.0

Certains laboratoires annoncent que la moitié des femmes souffrent de dysfonctionnements sexuels et pointent l’urgence de mettre au point un médicament pour stimuler la libido. Mais si l'on regarde du côté des femmes âgées, des chercheurs de l’université de Californie soutenus par le ministère américain des Anciens Combattants, montrent dans l’American Journal of Medicine qu’il n’y a pas de raisons de s’inquiéter du plaisir féminin après la ménopause.
En effet, sur la base d’un questionnaire, une cohorte de 806 femmes suivies depuis une quarantaine d’années aux États-Unis ont été testées sur leur sexualité, jusqu'aux détails très intimes. Ont ainsi été évalués la fréquence des rapports sexuels, la douleur durant ces rapports, la fréquence de l’orgasme, le désir sexuel, le niveau de satisfaction, en complément de quoi des informations concernant la lubrification des voies génitales ou l’utilisation d’hormones pour stimuler la libido ont également été compilées.
Avec une moyenne d’âge de 67 ans, 63 % de ces femmes sont aujourd’hui ménopausées. La moitié a eu un rapport intime dans les quatre semaines précédant le questionnaire. L’étude montre que 40 % des participantes n’ont jamais ou seulement très peu de désir sexuel, parmi lesquelles un tiers des femmes toujours actives sexuellement. Pour celles qui pratiquent encore régulièrement, elles sont 67 % à connaître l’orgasme à chaque fois ou presque. Cela concerne 47,5 % des dames du 4e âge. En revanche, les femmes les plus jeunes sont celles qui ont le plus de désir, mais cela ne va pas forcément de pair avec le plaisir puisqu’elles sont les plus insatisfaites.

Le plaisir ne passe pas que par la sexualité. Des moments partagés comme un regard complice ou des gestes de tendresse contribuent à l'épanouissement des femmes. © Baptigrou, Flickr, cc by nc nd 2.0

Moins de pratique, mais plus de plaisir avec le temps qui passe

Cependant, la fréquence des rapports diminue avec le temps, et les femmes sexuellement actives ont une moyenne d’âge de 59 ans tandis qu’elle tourne autour de 75 ans pour les autres. Le désir n’est pas la seule raison du passage à l’acte. Des sujets ont évoqué vouloir maintenir l’harmonie du couple ou l’affirmation de soi.
Attention pour autant à ne pas faire trop de raccourcis. « Dans cette étude, l’activité sexuelle n’est pas toujours nécessaire à la satisfaction sexuelle » relate Susan Trompeter, première auteure de l’étude. « Les femmes qui ne sont plus actives sexuellement peuvent trouver leur plaisir par lamasturbation », signifiant par là que le manque d’activité sexuelle ne correspond pas toujours avec la perte du plaisir.
De plus, il s’avère que la proximité émotionnelle et physique avec le partenaire peut surpasser l’orgasme, et qu’il ne faut donc pas forcément se focaliser sur la jouissance pour mesurer l’épanouissement de la vie sexuelle des femmes. Cependant, ce genre d'études, basé sur le déclaratif, est toujours à prendre avec des pincettes, surtout sur de tels sujets, car les personnes interrogées répondent ce qu'elles veulent. Et parfois même plein de bonne volonté, on ne dit pas tout à fait la vérité...

Au nez, les femmes savent repérer les hommes sexy

Durant leur pic de fertilité, les femmes préféreraient les odeurs de sueur des hommes avec les plus hauts niveaux de testostérone. En revanche, pendant le reste du cycle menstruel, elles ne manifestent aucune préférence. Faut-il que les hommes changent de parfum ?

On a souvent tendance à considérer que l’attirance pour une personne dépend de ses qualités physiques et morales. Pourtant, certaines études prétendent que la séduction passe aussi par le nez, et que les femmes préfèrent l’odeur corporelle des hommes produisant de hauts niveaux de testostérone… 

Le contexte : les changements selon la période du cycle

Ce n’est un secret pour personne : l’humeur des femmes change au cours de leur cycle menstruel. Mais leurs goûts aussi. En janvier 2012, une étude montrait par exemple qu’au moment de l’ovulation, la gent féminine aime dévaliser les magasins de vêtements, tandis que le reste du temps, elle préfère se venger sur la nourriture. Un peu caricatural, certes, mais de grandes tendances ont été observées.
Bien d’autres se sont intéressées à leurs goûts en matière de partenaire sexuel. Certaines de ces études arrivent à la conclusion qu’au pic de la fertilité, les femmes manifestent plus d’intérêt pour les hommes aux traits les plus masculins : une voix grave, des épaules larges, un visage fin et saillant, etc. Derrière tout cela, la testostérone, l’hormone mâle, serait un indice guidant les femmes vers un mâle fort qui pourrait leur donner une descendance solide.
Récemment aussi, une autre étude a mis en avant l’intérêt que ces dames auraient pour les hommes avec de hauts niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Elle préfigurerait d’un système immunitaire efficace, selon les conclusions de ce travail. Mais cela a intrigué des chercheurs de l’université du Nouveau-Mexique, à Albuquerque. Randy Thornhill et ses collègues ont voulu vérifier la pertinence de ces résultats, et ont abouti à des conclusions contradictoires publiées dans la revue Evolution and Human Behavior.

La séduction peut aussi passer par l'odeur : la sueur des hommes avec de forts niveaux de testostérone peut être jugée désirable par les femmes. La reproduction est une question tellement importante que tous les sens se doivent d'être sollicités pour ne pas manquer l'occasion de choisir le bon partenaire. © Phartisan, StockFreeImages.com

L’étude : la testostérone rend l’odeur de sueur sexy

Quelque 46 mâles ont pris part à cette expérience. Leur tâche : porter un même T-shirt deux nuits consécutives. Ils avaient aussi quelques restrictions : ils ne pouvaient pas utiliser de savon odorant ni de détergent, ne devaient ni boire de l’alcool ni fumer, et avaient interdiction de manger des aliments odorants tels que du fromage ou des oignons durant ce laps de temps. Des prélèvements salivaires étaient effectués afin de déterminer les niveaux de testostérone et de cortisol.
Ensuite, des femmes prenaient le relais. Elles devaient sentir ces T-shirts et les noter sur une échelle de 1 à 10 en fonction de leur odeur selon leur caractère plaisant, sexy et leur intensité. Il leur était aussi demandé de remplir un formulaire dans lequel elles devaient notamment préciser dans quelle période de leur cycle menstruel elles se trouvaient au moment du test et leur utilisation éventuelle d’un contraceptif hormonal.
L’analyse des données révèle qu’au pic de leur fertilité, les femmes trouvent les odeurs des T-shirts portés par les hommes avec les plus forts taux de testostérone plus sexy et plus agréables. En revanche, rien de particulier ne ressort avec le cortisol. Et en dehors de la période d’ovulation, aucune préférence, même pour la testostérone, n’a été constatée.

L’œil extérieur : le paradoxe du cortisol

Ainsi, cette recherche aboutit à des résultats en contradiction avec l’étude précédente. À qui la faute ? Les torts sont peut-être partagés. Dans celle décrite ici, le panel d’hommes est un peu plus large : ils étaient 46 contre seulement 19 dans l’autre. La signification statistique est donc un peu plus grande du côté de l’université d’Albuquerque. En revanche, les taux de testostérone mesurés sont aussi moins précis, puisque les chercheurs n’ont fait qu’un seul prélèvement contre trois dans l’étude précédente. Or, les concentrations hormonales peuvent varier dans la journée, et cette triple mesure permet d’obtenir une moyenne plus précise.
Quoi qu’il en soit, ce domaine de recherche est assez controversé, la majorité des études sur la question montrant que la période du cycle menstruel n’affecte nullement les préférences des femmes en matière de partenaires sexuels.
Pourtant, Randy Thornhill et ses collègues comptent poursuivre leurs investigations afin de déterminer quelles molécules présentes dans la sueur suscitent cet intérêt chez les femmes. Sont-elles directement liées à la production de testostérone ? Des précurseurs ? Des produits de sonmétabolisme ? Mystère…

La sueur améliore la collaboration entre les hommes

On sait déjà que les phéromones présentes dans la sueur masculine jouent un rôle dans l’attraction sexuelle. Une étude montre qu’elles amélioreraient également la collaboration et l’entraide entre deux hommes. Cette fonction aurait conféré un avantage à l'espèce humaine lors de l’évolution.

Notre peau est tapissée de millions de petites glandes qui sécrètent de la sueur, dont le rôle est bien connu dans le maintien de la température corporelle. Prélevant de la chaleur à la peau, la sudation aide le corps à se refroidir en cas de grosses températures ou pendant un exercice physique.
Toutefois, le rôle de la sueur ne se limite pas au refroidissement corporel. Les glandes apocrines, situées sous les bras et à proximité des organes génitaux, produisent une sueur laiteuse qui contient différentes molécules telles que des phéromones et une substance huileuse appelée sébum, un hydratant naturel de la peau.
 
Les chiens transpirent moins que l'Homme. Ils évaporent de l'eau par leur langue afin de faire baisser leur température interne. © N'Grid, Flickr, cc by nc sa 2.0
Certains scientifiques pensent que la transpiration apocrine joue un rôle dans l’attraction sexuelle. Laphéromone androstadiénone, sécrétée dans la sueur masculine, aurait par exemple une influence sur le choix du partenaire sexuel. Mais ce n’est pas tout… Une équipe finlandaise de l’université de Turku a montré que l’androstadiénone favorisait également la coopération entre deux hommes ! Cette étude insolite a été publiée dans la revue Plos One.

Une phéromone améliore la collaboration masculine

Les chercheurs ont mené une expérience sur 40 volontaires masculins âgés d’environ 26 ans. Séparés en groupes de deux, ils ont dû se soumettre au jeu de l’ultimatum. Une première personne se voit attribuer une certaine somme d'argent, et doit décider quelle somme elle conserve, et quelle part elle donne à un tiers. Ce dernier doit alors décider s’il accepte ou refuse l'offre. En cas de refus, aucun des deux joueurs ne reçoit d'argent.
Avant de réaliser ce test, les scientifiques ont fait renifler un mélange d’androstadiénone et delevure à la moitié des candidats, et une mixture de placébo et levure aux autres. Leurs résultats montrent que les hommes ayant senti la phéromone sont un peu plus généreux et prêts à accepter des sommes légèrement moins élevées que les individus du groupe placébo. L’effet n’est cependant pas extraordinaire, car les sommes varient en moyenne de 50 centimes.
Cette étude est la première à mettre en évidence le rôle de l'androstadiénone sur le comportementde la gent masculine. Selon les auteurs, ce phénomène aurait pu conférer un avantage de survie lors de l’évolution de l’espèce humaine. Cependant, les conclusions sont à prendre avec des pincettes. En effet, les taux de phéromones utilisés dans cette expérience sont beaucoup plus élevés que ceux retrouvés dans la sueur masculine.

Comment les bilingues passent-ils d’une langue à l’autre ?

Les personnes bilingues peuvent facilement jongler entre deux langues. Une étude montre qu’elles seraient capables de distinguer deux systèmes de sons différents et de les manipuler en fonction de leur interlocuteur.

Loin d’être un handicap, le bilinguisme est un atout pour le développement du cerveau. La plupart des spécialistes s’accordent à reconnaître ses bienfaits pour la croissance de l’enfant. Une équipe américaine a par exemple mis en évidence la capacité des enfants bilingues à s’adapter plus rapidement aux changements.
Les personnes ayant été baignées tôt dans un univers multilingue peuvent facilement jongler d’une langue à l’autre sans s’emmêler les pinceaux. Il est fascinant d’observer de jeunes individus naviguer parfaitement entre deux langues, sans hésitation et avec une maîtrise parfaite de l’accent.

Selon cette étude, les bilingues seraient capables de classer les différentes langues par systèmes de sons. © clappstar, Flickr, cc by nc nd 2.0
Depuis de nombreuses années, les scientifiques se demandent comment le cerveau effectue les transitions linguistiques avec tant d’aisance. Sur ce sujet, deux courants de pensée s’affrontent. Les uns pensent que les bilingues possèdent une « case » cérébrale pour chaque langage. Les autres suggèrent, au contraire, que les deux langues sont mélangées et que les bilingues s’ajustent à chacune d’elles en rééquilibrant les sonorités. Des chercheurs de l’université d’Arizona viennent de trancher sur ce sujet. Dans leur étude, publiée dans la revue Psychological Science, ils avancent que les deux langues sont organisées par sons. Ainsi, par exemple, le « r » roulé espagnol et le « h » aspiré à l’anglaise seraient rangés dans des cases spécifiques du cerveau, accessibles quand nécessaire.

Les bilingues sautent facilement d'une langue à l'autre

Pour leurs expériences, les chercheurs ont étudié 32 bilingues anglo-espagnols ayant appris leur deuxième langue avant l’âge de 8 ans. Ils leur ont fait écouter deux mots : « bafri » et « pafri ». Ces derniers ne sont pas signifiants, et changent uniquement par leur première syllabe, « ba » ou « pa ». Or, lorsqu’un hispanique prononce ces mots, à l’écoute, la différence phonétique est très subtile, et donc difficile à détecter pour une personne uniquement anglophone (et donc ne parlant pas espagnol). Par cette étude les chercheurs ont voulu tester la capacité des bilingues à différencier ces deux sons.
Les participants ont été séparés en deux groupes. Dans l'un, les chercheurs ont prévenu le premier que les mots seraient prononcés à l’espagnole, c'est-à-dire en accentuant sur le « r ». Pour le deuxième, ils leur ont expliqué que les mots seraient énoncés avec la prononciation anglaise. Enfin, les auteurs leur ont demandé si la première syllabe était un « ba » ou un « pa ».

Deux systèmes de sons rangés dans le cerveau

Les résultats montrent que les participants perçoivent différemment les mots s’ils ont une sonorité anglaise ou espagnole. Cela montre que les bilingues sont capables de trier les sons provenant de deux langues différentes. « Si on les positionne en mode “anglais”, ils agissent comme anglophones, et si on les place en position “espagnol”, ils se comportent alors comme des hispanophones », résume Andrew Lotto, directeur de cette étude. Leur façon d’assembler et de prononcer les mots serait donc influencée par le monde qui les entoure.
La plupart des gens pensent que les différences majeures entre les langues sont la grammaire et les mots. Or, cette étude suggère que la véritable dissemblance vient des sons. Les personnes qui apprennent un deuxième langage sur le tard seraient déjà imprégnées des sons de leur langue maternelle et auraient alors beaucoup de mal à s’en défaire. « C'est pour cette raison que ces personnes ont très souvent un accent dans une langue étrangère », conclut le spécialiste.

Cheveux blancs : les UV et le stress mis en cause

Les agressions de la peau, causées par les UV, les blessures ou le stress, accéléreraient le blanchissement des cheveux. Les cellules qui les pigmentent migreraient progressivement vers les zones abîmées, jusqu’à disparaître complètement des bulbes pilaires.

La couleur de la peau et des cheveux est contrôlée par les mélanocytes situés à la base de l'épiderme. Ces cellules produisent la mélanine, un pigment qui assure une protection naturelle contre les rayons ultraviolets (UV). Ainsi, lors d’une exposition au soleil, le corps bronze car la fabrication de mélanine augmente afin de protéger l’ADN des cellules.
Les mélanocytes sont au contact des kératinocytes, les cellules qui produisent le cheveu. Ces dernières se chargent de mélanine et assurent la croissance d’un cheveu doté de pigments. Cependant, tôt ou tard ils finissent tous par devenir blancs. Ce phénomène, appelé canitie, est un mécanisme naturel qui se produit en vieillissant.
 
Selon cette étude, l'exposition aux rayons UV accélère le processus de formation des cheveux blancs. Les cellules productrices de mélanine quittent le bulbe du poil et se dirigent vers les régions attaquées par le soleil. © georgeparrilla, Flickr, cc by 2.0
Dans la gaine externe du follicule pileux, on trouve une population de cellules souches de mélanocytes dormants, qui ne produisent pas de pigment. Lorsqu’un cheveu tombe, son unité depigmentation est détruite et une autre se régénère à partir du réservoir de mélanocytes souches. Or le taux de mélanocytes souches diminue avec le temps et les nouveaux cheveux finissent par repousser blanc. Une fois le processus amorcé, il n’existe malheureusement pas de retour en arrière…

Les UV accélèrent la formation des cheveux blancs

D’autres facteurs pourraient accélérer le blanchissement des cheveux. Une équipe de la New York University School of Medicine s’est intéressée à l’effet d’une agression de la peau sur les mélanocytes souches. Les résultats mettent en évidence leur déplacement vers les zones abîmées, ce qui accélérerait la décoloration des poils et des cheveux. L’étude est publiée dans la revue Nature Medicine.
Les scientifiques ont utilisé des souris génétiquement modifiées contenant des mélanocytes souches marqués, afin de suivre leur déplacement au cours du temps. Ils ont ensuite réalisé une petite incision sur le dos des rongeurs et ont observé le mouvementdes mélanocytes. Leurs résultats révèlent une migration des mélanocytes du bulbe des follicules pileux vers l’épiderme. Une exposition aux rayons UVB a conduit au même constat. Les chercheurs ont alors réalisé une expérience similaire sur des cultures de cuir chevelu humain et ont obtenu les mêmes résultats.

Le stress impliqué dans la migration des mélanocytes

Lors de cette étude, les chercheurs ont également montré que le récepteur à la mélanocortine de type 1 (Mcr1), qui fixe des hormones impliquées dans le stress, était essentiel à ce phénomène de migration. Chez des souris ne fabriquant pas ce récepteur, le déplacement des mélanocytes ne se produit pas. Selon les scientifiques, cela pourrait expliquer l’effet du stress sur la formation des cheveux blancs.
Ainsi, lors d’une attaque de la peau, les cellules productrices de mélanine quittent le bulbe du cheveu ou du poil pour venir protéger la zone abîmée. Les dommages de la peau au cours de la vie contribueraient donc au blanchissement progressif des cheveux. L'expression « se faire des cheveux blancs » semble trouver une justification scientifique...

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