lundi 11 février 2013

Un lien entre Alzheimer et le diabète de type 2 a-t-il été découvert ?


Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont davantage de risques de développer la maladie d’Alzheimer. Des scientifiques israéliens viennent de démontrer que des protéines impliquées dans les deux pathologies interagissent fortement entre elles et pourraient expliquer le lien de cause à effet. Les prémices d’un nouveau médicament ?
En apparence, le lien n’est pas évident. Pourtant, une étude récente a montré que les diabétiques de type 2 sont deux fois plus enclins que le reste de la population à souffrir de la maladie d’Alzheimer, principale cause dedémence en France et dans le monde. Il doit donc y avoir un processus biologique qui facilite le développement de la neurodégénérescence chez les patients insulinorésistants.
Ces deux pathologies, on le sait, ont des points communs. Toutes deux sont notamment favorisées par l’obésité. On les associe également à des amas de protéines de la même famille, celle des amyloïdes. Dans le cas du diabète, c’est l’amyline (protéine endogène à effet hyperglycémiant) qui s’agrège au niveau du pancréas. Pour Alzheimer, ce sont les bêta-amyloïdesqui s’accumulent en plaques entre les neurones. Cependant, fait intéressant, ces deux peptides ont été retrouvés dans le pancréas des personnes diabétiques et leur présence semble coïncider avec la progression des maladies.
Les scientifiques ont alors émis l’hypothèse que la démence apparaissait consécutivement à l’interaction entre amyline et bêta-amyloïdes. Pour le moment, cela n’a pas pu être démontré.
Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un taux de sucre dans le sang trop élevé. Cela est dû à une insensibilité à l'insuline, l'hormone faisant baisser la glycémie. Cette pathologie est associée à d'autres troubles, dont la maladie d'Alzheimer.
Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un taux de sucre dans le sang trop élevé. Cela est dû à une insensibilité à l'insuline, l'hormonefaisant baisser la glycémie. Cette pathologie est associée à d'autres troubles, dont la maladie d'Alzheimer. © Lesscholz, StockFreeImages.com
Des affinités entre bêta-amyloïdes et amyline
Cependant, une nouvelle étude vient d’être réalisée par Yifat Miller et ses collègues de l’université Ben Gourion du Néguev, en Israël. Ils viennent de présenter leurs travaux à la 57e rencontre annuelle de la Biophysical Society(Philadelphie), révélant les interactions entre les deux molécules.
En combinant ressources informatiques et données expérimentales, ils ont établi qu’il existait des régions de haute affinité entre l’amyline et les bêta-amyloïdes. Ensemble, elles forment facilement des dimères (association de molécules identiques) polymorphes. Si, pour l’instant, l’effet de cette association sur l’organisme n’est pas connu, les auteurs supposent que cela pourrait être le lien entre les deux pathologies.
Désormais, ils souhaiteraient développer un médicament capable d’empêcher la liaison entre les deux amyloïdes. Il s'agirait alors de vérifier si ce médicament diminue le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez les personnes diabétiques. Ce serait une grande avancée qui permettrait de limiter l’incidence de la neurodégénérescence. Alors qu’on ne dispose encore d'aucun traitement efficace, on prévoit une augmentation du nombre de cas dans les décennies à venir. Limiter les risques d’apparition semble donc être pour le moment l’une des meilleures stratégies à adopter.

Plus de temps devant la télé, moins de spermatozoïdes


Une nouvelle étude suggère un lien entre le temps passé devant la télévision et la quantité de spermatozoïdes produits. L’inactivité physique pourrait être une des causes de la baisse de la fertilité constatée ces dernières décennies, mais ce ne serait probablement pas la seule.
Les dernières études n’ont rien de rassurant. Toutes concordent et semblent démontrer que le sperme des hommes perd en qualité et en quantité depuis quelques décennies. Pourquoi ? On ne le sait pas précisément. Plusieurs pistes sont lancées, avec comme principaux suspects notre mode de vie moderne ainsi que certains polluants de l’environnement.
Par exemple, l’obésité et les régimes hypercaloriques figurent sur la liste des accusés. Plusieurs études ont également semblé incriminer le sport : un excédent d’activité physique pourrait provoquer une baisse de la concentration en spermatozoïdes. Une thèse discréditée par une étude parue en novembre dernier.
Une nouvelle recherche, menée par Jorge Chavarro et ses collègues de laHarvard School of Public Health, va également dans ce sens. Elle montre que les hommes qui passent le plus de temps assis à regarder la télévision produisent beaucoup moins de spermatozoïdes que les plus sportifs.
Des spermatozoïdes n’aiment pas la télévision
Cette étude, publiée dans le British Journal of Sports Medicine, se base sur les échantillons de sperme et les réponses à un questionnaire de 189 jeunes américains âgés de 18 à 22 ans. Ils devaient notamment préciser le temps moyen hebdomadaire passé devant la télévision ou à pratiquer une activité physique.
Le sport favoriserait la production de spermatozoïdes quand la télé aurait l'effet inverse. Nos gamètes ne seraient donc pas faits pour l'inactivité.
Le sport favoriserait la production de spermatozoïdes quand la télé aurait l'effet inverse. Nos gamètes ne seraient donc pas faits pour l'inactivité. © Anna Tanczos, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0
Le constat semble clair. Chez ceux passant plus de 20 h par semaine à zapper sur leur canapé, le nombre de spermatozoïdes est inférieur de 44 % à celui de leurs homologues qui y consacrent moins de temps. À contrario, les hommes pratiquant au moins 15 h de sport par semaine disposent en moyenne de 73 % de gamètes en plus. En revanche, pour les autres paramètres, comme la motilité ou la morphologie, les auteurs n’ont constaté aucune différence entre les groupes. Que les amoureux de la télécommande se rassurent, aucun des participants ne se situait en dessous du seuil de fertilité, fixé par l’OMS à 15 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme.
D’autre part, il est impossible pour les chercheurs d’affirmer si de tels écarts peuvent effectivement influer sur la capacité à procréer, leur travail n’ayant pas évalué ce paramètre.
La télévision, un coupable idéal ?
Les chiffres sont inquiétants quand on sait qu’en 2012, les Français sont restés en moyenne 24 heures et 50 minutes par semaine devant le petit écran, soit 30 minutes de plus qu’en 2011. Cela pourrait-il expliquer pourquoi le taux de spermatozoïdes a diminué d’un tiers entre 1989 et 2005, au sein de l’Hexagone ?
La télévision est déjà associée à des pathologies cardiaques ou métaboliques, comme l’obésité ou le diabète, et la position assise qu’elle implique contribuerait à réchauffer le scrotum et les testicules, diminuant ainsi la concentration spermatique. Cependant, les études portant sur les travailleurs qui passent leur journée sur leur chaise de bureau sont plus contrastées. Jorge Chavarro et ses consorts suggèrent que l'effet néfaste de la télévision serait dû à la diffusion de publicités pour des aliments riches en calories et que son visionnage s’accompagne parfois d’une nourriture peu équilibrée.
Malgré tout, il existe d’autres facteurs de risques affectant les populations despermatozoïdes. Pour trouver les explications au phénomène, il faut probablement mixer tous les résultats qui nous parviennent afin de constater que les paramètres sont nombreux. Ce travail ne concerne en effet qu’un faible effectif et, de l’aveu même des auteurs, ne peut être généralisé. Des recherches complémentaires s’imposent afin de vérifier le lien de cause à effet. Une question demeure : se mettre à courir plutôt que de regarder unDVD permettrait-t-il aux hommes de restaurer leurs spermatozoïdes perdus ?

La pollution de l’air contribuerait à la naissance de bébés trop chétifs


Une étude portant sur trois millions de naissances à travers le monde semble montrer que la pollution atmosphérique pourrait avoir un effet sur le poids des nouveau-nés. Si le risque individuel est faible, les conséquences seraient nettement plus visibles à l’échelle de la population.
On le sait : la consommation de tabac, d’alcool ou d’autres drogues durant lagrossesse est mauvaise pour le bébé à naître. Il pourrait venir au monde en étant trop chétif (moins de 2,5 kg), une condition souvent associée à de plus grands risques de mortalité infantile, de troubles ou de maladies. Une analyse menée en 2010, aux États-Unis, révèle que cela concerne 8,3 % des accouchements.
Certaines études semblent montrer qu’une exposition à un air trop pollué pourrait avoir les mêmes conséquences. Cependant, d’autres recherches aboutissent à des résultats contradictoires, car les protocoles utilisés ne sont pas les mêmes. Difficile pour les spécialistes de trancher.
Cependant, un nouveau travail pourrait faire date en la matière. Publié dansEnvironmental Health Perspectives, il montre que les femmes enceintes qui respirent le plus de particules fines ont un risque modérément accru de donner naissance à un enfant chétif. Une étude intéressante, même si quelques défauts peuvent être pointés du doigt…
Des microparticules dans le viseur
Réalisée par une équipe de chercheurs issus du monde entier, sous l’égide de Tracey Woodruff, de l’université de Californie, à San Francisco (UCSF), cette étude se base sur des données récoltées auprès de 14 centres de recherches différents, situés dans neuf pays. C’est plus de trois millions de naissances qui ont pu être analysées.
Ces travaux se sont focalisés sur les particules atmosphériques de moins de 2,5 µm (PM2,5) et celles de moins de 10 µm (PM10). Elles sont principalement produites par la combustion d’hydrocarbures fossiles (desautomobiles, par exemple) ou de bois, ainsi que par les usines.
Les smogs, ces nuages de pollution urbaine, frappent les grandes villes, comme ici à Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie. Ils sont nocifs, et même pour les bébés encore dans le ventre de leur mère.
Les smogs, ces nuages de pollution urbaine, frappent les grandes villes, comme ici à Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie. Ils sont nocifs, et même pour les bébés encore dans le ventre de leur mère. © Servus, Flickr, cc by sa 2.0
La pollution atmosphérique fait maigrir les nouveau-nés
Concrètement, les auteurs ont estimé qu’à chaque fois que la pollution en PM10 augmente de 10 µg/m3, les risques d’accoucher d’un bébé trop léger augmentent de 3 %. En moyenne, dans ce même créneau, le poids à la naissance diminue de 9 g. À titre indicatif, les niveaux en PM10 varient de 12,5 µg/m3 à Vancouver jusqu’à 66,5 µg/m3 à Séoul.
Si tous les centres disposent de données concernant les particules les plus volumineuses, ce n’est pas le cas pour les PM2,5. Les auteurs ont malgré tout défini une nouvelle fois les risques associés à une augmentation des concentrations dans l’air de 10 µg/m3. Cette fois, les probabilités s’élèvent à 10 %.
Les conclusions peuvent paraître alarmistes, pourtant, à l’échelle individuelle, il y a peu de variations. En revanche, ces chiffres, rapportés à l’échelle de la population, sous-entendent que le phénomène n’est pas marginal et que la pollution atmosphérique serait peut-être responsable de nombreux cas de bébés chétifs à travers le monde.
Améliorer la qualité de l’air pour la santé des bébés
L’expérience est à relativiser, car elle pourrait présenter des biais. L'effet de la pollution atmosphérique sur la santé des bébés reste très faible et les différences observées peuvent être modulées par plusieurs facteurs qui n’ont pas toujours été précisément pris en compte. Par exemple, malgré les efforts des auteurs pour se renseigner sur la consommation de tabac, d’alcool ou de drogues durant la grossesse, ces résultats n’étaient pas systématiquement fournis par tous les centres. Ainsi, cette partie de l’analyse n’a pu être menée que partiellement.
Malgré tout, la relation établie ne paraît pas être le fruit du hasard. Pour l’heure, les explications restent floues. Certains supposent par exemple que les particules fines altèreraient le lien entre le fœtus et le placenta, limitant la quantité de nutriments parvenant jusqu’au bébé à naître. D’autres évoquent plutôt le stress biologique que la pollution engendrerait chez la mère, entraînant des répercussions pour son enfant. Ce ne sont que des hypothèses qui ne demandent qu’à être vérifiées.
Il est plus que jamais nécessaire de prendre des mesures afin d’améliorer laqualité de l’air que l’on respire. Un combat qui n’est pas gagné d’avance dans tous les pays du monde, à en croire un récent rapport. La Chine, par exemple, a de quoi s’inquiéter. La pollution atmosphérique à Pékin y atteint actuellement des records. Espérons que cela n’aura que peu de conséquences sur les nouveau-nés pékinois.

Les sportifs ont un cerveau plus réactif que les étudiants


Pour briller en sport, il faut avoir l’esprit vif. La preuve avec cette étude qui compare les capacités intellectuelles de sportifs et d’universitaires. Il semblerait que le cerveau des athlètes soit plus rapide pour traiter certaines informations cognitives…
Le professeur Jocelyn Faubert exerce à l’école d’optométrie de l’université de Montréal. Il a récemment conduit une étude originale auprès de 275 athlètes (102 professionnels et 173 amateurs) et de 33 étudiants de niveau universitaire. Elle est publiée dans Scientific Reports. Les sportifs en question pratiquaient le football dans la première division anglaise, le hockey sur glace dans l'élite nord-américaine et le rugby dans les meilleurs clubs français.
À 15 reprises, tous les participants ont été soumis à un test appelé 3D-MOT. Ce dernier met en scène des séries d’objets se déplaçant à différentes vitesses, dans les trois dimensions. Selon les chercheurs, l’objectif est d’évaluer les « capacités visuelles, perceptives et cognitives pour visualiser des éléments complexes ». Ils précisent toutefois que les représentations utilisées sont neutres, ce qui signifie que la connaissance ou l’expérience d’un sport en particulier n’a aucune influence sur le résultat. Lesmouvements et les interactions sont tout à fait aléatoires.
Pour réussir dans le sport, il faut être doté de facultés intellectuelles permettant une analyse rapide de la situation afin d’opter pour la meilleure attitude. Le meilleur est souvent celui qui sait le mieux se servir de son cerveau. Réussir dans les études demande en revanche d'autres aptitudes intellectuelles.
Pour réussir dans le sport, il faut être doté de facultés intellectuelles permettant une analyse rapide de la situation afin d’opter pour la meilleure attitude. Le meilleur est souvent celui qui sait le mieux se servir de son cerveau. Réussir dans les études demande en revanche d'autres aptitudes intellectuelles. © Heidi Cartwright, Flickr, cc by nc nd 2.0
Des sportifs qui réussissent mieux les tests d’intelligence
Au final, « nous avons constaté que les athlètes professionnels étaient en mesure de traiter les scènes visuelles beaucoup mieux que les athlètes amateurs, qui à leur tour ont mieux réussi que les étudiants [non sportifs,NDLR], explique Jocelyn Faubert. Il semblerait que les athlètes soient en mesure de concentrer avec beaucoup d’acuité leur attention, afin d’améliorer leurs capacités d’apprentissage, ce qui constitue la clé de leurs aptitudes ».
En parallèle, les auteurs ont constaté « une épaisseur accrue du cortexdans le cerveau des athlètes entraînés ». À leurs yeux, ce travail pourrait ouvrir de nouvelles voies de recherche dans le traitement des patients souffrant de troubles de l’attention.

Les boissons light faciliteraient le diabète de type 2 chez la femme


Selon des chercheurs de l’Inserm, les sodas « light » exposeraient les femmes à un risque de diabète de type 2 plus élevé que les autres boissons sucrées. Le point sur une étude qui devrait faire du bruit, et qui va à l’encontre des résultats d’une enquête récente sur les édulcorants qui concluait à un effet positif pour les diabétiques.
La consommation régulière de boissons allégées est-elle associée à un risque de développer un diabète de type 2 ? Pour les chercheurs français de l’Inserm qui ont réalisé une étude auprès de 66.000 femmes, la réponse est oui. De plus, pour la première fois, ils mettent en évidence que ce risque serait encore plus élevé avec le light qu’avec les autres boissons sucrées.
Françoise Clavel-Chapelon (Inserm, université Paris-Sud et institut Gustave-Roussy) et Guy Fagherazzi (Inserm) ont mené leur étude auprès de 66.188 femmes, dans le cadre de la cohorte E3N. Toutes ont été suivies durant 14 ans. Les scientifiques se sont intéressés à la relation entre la consommation de boissons sucrées et de boissons sucrées allégées et le risque de diabètede type 2. Pour les premières, pas de surprise : ils confirment que la consommation de boissons sucrées augmente bien le risque de diabète. En revanche, le lien avec les boissons light était bien moins connu.
Selon une étude menée sur plus de 60.000 femmes françaises, la consommation de boissons allégées est associée à un risque accru de diabète de type 2.
Selon une étude menée sur plus de 60.000 femmes françaises, la consommation de boissons allégées est associée à un risque accru de diabète de type 2. © Phovoir
Un risque de diabète augmenté de 60 % avec le light
Les résultats montrent que les adeptes du light consomment davantage de leur(s) boisson(s) favorite(s) que les femmes qui boivent du sucré normal : 2,8 verres par semaine contre 1,6 en moyenne. « D’autre part, à consommation égale, le risque de diabète est plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons light que de boissons sucrées non light », nous explique Guy Fagherazzi. Concrètement, « une personne buvant une bouteille de 1,5 litre de boisson light par semaine verra son risque de développer un diabète de type 2 augmenter de 60 % par rapport à celle qui boit la même quantité de boisson sucrée classique ».
Pour les auteurs, la consommation de boissons contenant des édulcorantsfavoriserait « une appétence plus forte pour le sucre en général ». Sans compter que « l’aspartame, un des principaux édulcorants utilisés aujourd’hui, induirait une augmentation de la glycémie, et de ce fait une hausse du taux d’insuline, comparable à celle engendrée par le sucroseutilisé dans les autres boissons sucrées ». Guy Fagherazzi insiste sur le fait que ce sont des « hypothèses qui restent à confirmer dans des études complémentaires ».
Les industriels prudents envers les résultats scientifiques
De son côté, l’Association internationale pour les édulcorants (ISA France) n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié un peu plus de deux heures après celui de l’Inserm, son président, Hugues Pitre, explique : « si l’objet de cette étude, comme tous les travaux menés sur le diabète, est digne d’intérêt, il n’en reste pas moins que cette étude doit être analysée avec prudence. Si en tant qu’industriels, nous sommes très attentifs à toutes les nouvelles données scientifiques sur ce sujet, nous sommes toutefois surpris des conclusions de l’étude qui vont à l’encontre du corpus scientifique disponible sur la consommation de boissons avec édulcorants et leurs bénéfices. »
De son côté, le docteur Hervé Nordmann, président du comité scientifique de l’ISA, rappelle qu’« il est admis que le diabète de type 2 est une maladie multifactorielle liée aux comportements globaux, en particulier l’alimentation et l’hygiène de vie ».

Les jeunes défavorisés ont tendance à boire trop sucré


Le milieu social a une influence sur les habitudes alimentaires, comme le démontre une récente enquête. Ainsi, les enfants et les adolescents des milieux les plus modestes ont un faible pour les boissons sucrées et mangeraient moins de fruits et légumes. Or, cette catégorie socioéconomique est la plus encline au surpoids…
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier les résultats d’uneenquête portant sur les relations entre l’alimentation et le niveau socioéconomique. L’étude met en évidence une qualité nutritionnelle et unediversité alimentaire amoindries chez les jeunes de milieux défavorisés. On observe notamment une consommation plus importante de boissons sucrées: jusqu’à 2,5 verres de plus que la moyenne, chaque semaine. Toutefois, ils ne sont pas les seuls à être attirés par les produits sucrés : les enfants et les adolescents originaires de milieux plus favorisés consommeraient plus deconfiseries et de gâteaux.
On le savait déjà&nbsp;: les personnes des milieux défavorisés sont plus sensibles au surpoids que le reste&nbsp;de la population. L'appétence des jeunes de ces catégories sociales pour les boissons sucrées n'est probablement pas la seule cause. On l'impute également aux supermarchés <em>discount</em>, proposant des produits certes moins chers mais de qualité bien souvent inférieure...&nbsp;© Suti,&nbsp;<link http://bit.ly/Kh6tfi _blank>StockFreeImages.com</link>
On le savait déjà : les personnes des milieux défavorisés sont plus sensibles au surpoids que le reste de la population. L'appétence des jeunes de ces catégories sociales pour les boissons sucrées n'est probablement pas la seule cause. On l'impute également aux supermarchés discount, proposant des produits certes moins chers mais de qualité bien souvent inférieure... © 

Quant à la consommation de poissons, elle ne diffère pas selon le statut, tout comme celle des produits laitiers. Par ailleurs, cette étude ne montre pas de différence dans les apports énergétiques. Pourtant, selon l’Anses« les enfants et les adolescents de milieux défavorisés sont plus touchés que les autres par les problèmes de surcharge pondérale ». Ses responsables recommandent ainsi « de poursuivre et d’amplifier les politiques visant à réduire les apports en glucides simples ajoutés dans l’alimentation, notamment ceux liés aux boissons sucrées ».

Une unique protéine pourrait-elle soigner cancers, Alzheimer et infections ?


Un remède miracle ? Des chercheurs américains ont montré qu’uneprotéine, appelée Tat-bécline 1, stimule un mécanisme cellulaire qui préserverait d’un spectre très large de pathologies, allant descancers aux infections en passant par les maladies neurodégénératives… Une piste à creuser absolument !
Un pour tous, tous pour un. Cette formule célèbre des mousquetaires d’Alexandre Dumas père pourrait s’appliquer à un éventuel médicamentpotentiellement capable de prévenir (et pourquoi pas de traiter) une largegamme de maladies parmi les plus terribles rencontrées par l’espècehumaine. Rien que cela...
C’est du moins ce qu’espère une équipe de chercheurs affiliés à l’University of Texas Southwestern Medical Center (Dallas, États-Unis). À ce stade d’expérimentation, ils sont conscients que leur protéine modifiée, Tat-bécline 1, est encore bien loin de devenir le remède miracle au cancer, aux maladies neurodégénératives ou aux infections. Cependant, les premières analyses publiées dans Nature suscitent l’optimisme.
L’autophagie comme moyen de prévention des maladies
Ce peptide correspond à une partie de la séquence d’une protéine humaine, la bécline 1. De précédentes études ont mis en avant son rôle clé dans le déclenchement d’un processus fondamental : l’autophagie. C’est le moyen utilisé par les cellules pour recycler leurs protéines et les autres moléculesusagées afin de récupérer les briques nécessaires à l’élaboration de nouveaux composés. Pour ce faire, la cellule utilise des enzymes qui digèrent une partie du cytoplasme.
La maladie d'Alzheimer, la principale cause mondiale de démence, se caractérise par l'accumulation de protéines, nommées bêta-amyloïdes et Tau, dans le cerveau. Une autophagie efficace, induite par la bécline, pourrait débarrasser l'encéphale de ces déchets.
La maladie d'Alzheimer, la principale cause mondiale de démence, se caractérise par l'accumulation dans le cerveau de protéines nommées bêta-amyloïdes et Tau. Une autophagie efficace, induite par la bécline, pourrait débarrasser l'encéphale de ces déchets. © Mark Lythgoe, Chloe Hutton, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0
L’autophagie est nécessaire à l’équilibre de la cellule et à sa bonne santé. Certains troubles ou maladies, comme le vieillissement, les cancers, certaines pathologies neurologiques ou infectieuses sont parfois associées à un dérèglement de ce processus naturel. L’activité de la bécline 1 a également été montrée dans la protection contre les cancers du sein, dupoumon ou des ovaires.
Les auteurs ont donc voulu tester les propriétés pharmacologiques de leur molécule particulière, dotée d’une affinité pour le VIH, le virus du Sida. Les souris traitées sont restées insensibles à deux infections potentiellement mortelles, que ce soit par le virus du Nil occidental ou celui du chikungunya. Expérimenté sur des cellules humaines, le VIH n’est jamais parvenu à pénétrer ses cibles.
Tat-bécline 1, le médicament pour sauver l’humanité ?
Ce travail n’en est qu’à un stade très préliminaire, mais toutes ces recherches cumulées suggèrent que la Tat-bécline 1 serait dotée d’unpouvoir préventif plutôt efficace. Les chercheurs misent également sur son pouvoir thérapeutique et souhaitent creuser davantage la piste.
Qu’en attendre ? Les remèdes miracles annoncés à l’avance se sont souvent révélés impuissants. La preuve : le Sida se traite à l’aide detrithérapies (associations de trois médicaments) sans pour autant éliminer le virus, quand les cancers nécessitent plusieurs traitements, différents selon les cas et les patients. Quant à Alzheimer ou les autres maladies neurodégénératives, les succès sont pour l’heure très limités, et les pathologies ne cessent de progresser avec l’âge. Au mieux, la Tat-bécline 1 pourrait servir de complément aux thérapies déjà proposées… Mais ne devrait pas à elle toute seule sauver le monde !

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