lundi 17 septembre 2012

Prenez le temps de rire... C'est bon pour la santé !


Rire

Indications


Efficacité possible
Réduire la perception de la douleur.
Voir la légende des symboles
Efficacité incertaine
Contribuer au bon fonctionnement du système immunitaire. Soulager les personnes ayant des problèmes de peau. Améliorer la fonction pulmonaire des personnes souffrant d’asthme bronchique. Améliorer l’état des personnes atteintes de schizophrénie. Réduire l’anxiété préopératoire des enfants. Améliorer l’état de santé des personnes âgées.

La thérapie par le rire, qu’est-ce que c’est?


Les effets physiologiques
Dès notre plus jeune âge, on rirait jusqu’à 300 fois par jour, sans raison, par pur plaisir. À l’âge adulte, ce serait moins de 20 fois par jour1,2. Même si tous les chercheurs ne s’entendent pas sur ces données, il semble bien que l’école, le travail et les conventions sociales nous incitent peu à peu à devenir plus sérieux et à perdre notre capacité de rire spontanément. Dommage, car il est désormais démontré que l’humour et le rire sont excellents pour la santé, et constituent, entre autres, un bon antidote contre le stress3.
Le rire permet d’oxygéner l’organisme, de réduire les tensions musculaires, de masser les côtes en plus de faire travailler le diaphragme. Cela favorise entre autres l’élimination des résidus présents dans les poumons et augmente la capacité respiratoire. Il semble que le fait de rire - que ce soit drôle ou non - pourrait contribuer à soigner toutes sortes de problèmes (voir Applications thérapeutiques).
Cependant, il ne faudrait pas croire, comme le laissent sous-entendre plusieurs sites Web consacrés à l’humour, que la rigolade est un remède miracle pour à peu près tous les maux. Ainsi, en 1986, un chercheur a démontré que, pour entraîner une augmentation du rythme cardiaque équivalant celle que procurent 3 minutes d’aviron sur un appareil d’exercice, il suffisait de rire intensément pendant seulement 20 secondes4. Cette nouvelle a, depuis, été reprise à toutes les sauces des centaines de fois. Rire est fort probablement très bon pour la santé cardiovasculaire... Mais de là à conclure que 20 secondes de rire équivalent 3 minutes d’aviron, il y a un pas que les scientifiques refusent de franchir5.

Les effets psychologiques

Déjà au début du XXe siècle, Freud affirmait que l’humour permet à l’humain de démontrer sonrefus de se laisser abattre par la souffrance, d’affirmer l’invincibilité de son moi et de faire triompher le principe du plaisir - tout cela en demeurant sain d’esprit6! À partir d'une synthèse d'études réalisée en 1996, le professeur Rod Martin, un spécialiste du rire de l’Université Western Ontario au Canada, a conclu que d’envisager la vie avec humour ou la prendre « avec un grain de sel » aurait des conséquences bénéfiques mesurables sur la santé psychologique et émotive1.
Les gens qui ont un plus grand sens de l’humour sont moins ébranlés par les expériences stressantes. Ils ont plus tendance à les considérer comme des défis stimulants que comme des épreuves pénibles. En outre, ils ont en général une plus grande estime de soi et sont plus réalistes dans leur appréciation d’eux-mêmes. De nature optimiste, ils ont une vie sociale plus remplie. Mais, l’auteur fait remarquer qu’il est difficile de déterminer avec précision si ces états favorables résultent du sens de l’humour ou si ce ne sont pas plutôt ces états qui permettent d’aborder la vie avec humour.
Rod Martin souligne aussi que l’humour peut également être utilisé de façon malsaine. Il peut servir d’échappatoire ou de mécanisme de défense inconscient pour fuir ses problèmes ou éviter de les affronter de façon constructive, ou encore pour dénigrer les autres.
Dans une autre synthèse d’études, publiée en 2001, le professeur Martin rend compte des théories les plus documentées qui pourraient expliquer les effets bénéfiques du rire et de l’humour7.
  • En générant des émotions positives puissantes, le rire et l’humour entraîneraient deseffets analgésiques et un renforcement de l’immunité.
  • Voir la vie avec une attitude humoristique permettrait de réduire le stress et donc d’améliorer indirectement la santé.
  • Les individus ayant un plus grand sens de l’humour seraient mieux adaptés socialement et plus « séduisants », ce qui augmenterait leurs chances d’être en santé — ce n’est pas une blague.

Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle

Il ne faut pas croire que nous rions uniquement lorsque c’est drôle. Au contraire, cela ne serait le cas que 1 fois sur 10, selon le neurobiologiste Robert Provine8. Cet auteur de plusieurs livres étudie les mécanismes du rire depuis de nombreuses années. Ses observations l’ont amené à conclure que le rire exerce avant tout une fonction sociale, ce qui pourrait expliquer en partie son importance dans l’équilibre psychologique des personnes.

Le rire à l’hôpital

Norman Cousins9 a été le premier, en 1964, à expérimenter « scientifiquement » une thérapie par le rire. En utilisant la pensée positive et le rire, il s’est guéri d’une maladie arthritique très douloureuse, considérée comme irréversible. Il a fait connaître à la communauté médicale et au grand public les résultats de son expérience dans un article publié dans le New England Journal of Medicine en 197610. Trois ans plus tard paraissait son succès de librairie Anatomy of an Illness. Sa méthode consistait essentiellement à visionner des films comiques aussi souvent qu’il le pouvait et à consommer de la vitamine C en très grande quantité. Il a constaté que chaque visionnement de 30 minutes lui procurait 2 heures de repos sans douleur. Après 6 mois de ce traitement, il était complètement rétabli.
Vers la même époque, au début des années 1980, vêtu d’un habit de clown, le Dr Patch Adams - personnifié au cinéma par Robin Williams - commençait à soigner ses patients en utilisant le rire et l’humour comme des instruments thérapeutiques. Aujourd’hui, dans des hôpitaux un peu partout à travers le monde, les patients peuvent bénéficier de la présence de clowns thérapeutiques ou de clowns professionnels11,12. Au Canada, l’organisme Dr Clown13 visite ainsi chaque semaine des hôpitaux et des centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) de Montréal, Québec et Toronto. Les clowns-docteurs cherchent entre autres à diminuer la crainte de l’hospitalisation ressentie par les jeunes patients et la solitude vécue par lespersonnes âgées. En 2008, Dr Clown a ainsi réalisé plus de 30 000 interventions, qu’il nomme joliment « prescriptions de tendresse ».
Aussi, dans certains hôpitaux, des médecins se déguisent et s’amusent avec de faux instruments de travail - par exemple, un stéthoscope qui laisse échapper des bulles de savon - afin de créer une plus grande complicité avec les patients, en particulier les enfants. Des hôpitaux disposent aussi d’une salle de rire pour les adultes, où ils peuvent visionner des films drôles, lire des livres et des bandes dessinées ou écouter des enregistrements humoristiques. Des programmes qui se servent de l’humour et du rire s’adressent également aux professionnels de la santé afin de les aider à affronter les exigences de leurs fonctions.

Comment rigoler?

Bref, rire et développer son sens de l’humour, c’est bon pour la santé physique, mentale et émotive. Mais comment y parvenir si on n’est pas, au départ, d’un naturel « guilleret »? On peut, bien sûr, suivre une psychothérapie ou s’initier aux approches de développement personnel pour avoir davantage d’humour afin de mieux affronter la vie et les événements « malheureux ». Une façon plus directe est de participer à un Club de rire.
Les Clubs de rire ont été créés en Inde par le Dr Madan Kataria en 199514. On en compte aujourd’hui au-delà de 6 000, répartis dans plus de 60 pays. Dans un Club de rire, chacun expérimente le rire en groupe, sur une base régulière, pour son plus grand bien. Toutes sortes d’exercices visent à stimuler sa propre capacité à rire, à relaxer et à se libérer de ses inhibitions. Le tout permettrait de cultiver sa santé et d’adopter une attitude plus positive et plus joyeuse envers la vie. Des instructeurs enseignent la technique aux personnes qui veulent mettre un club sur pied. Les séances de rire se déroulent en groupe, le plus souvent le matin, pour commencer la journée du bon pied. On retrouve une liste des clubs à travers le monde sur le site Laughter Yoga du Dr Kataria et un répertoire pour l’Europe francophone sur le site Club de Rire (voir les Sites d’intérêt).

À l’action

Si vous voulez mettre plus d’humour dans votre vie, il existe mille et un trucs (voir Livres, etc., les Sites d’intérêt et En pratique). Vous pourriez, par exemple, mettre des poissons rouges dans le réservoir de la distributrice d’eau du bureau, noter les meilleures histoires drôles que vous entendez ou prendre l’habitude d’exagérer délibérément pour remettre les choses en perspective. Le Dr Patch Adams aurait dit que l’humour étant la solution parfaite à tous les maux, il faudrait interdire de pratique tous les médecins sérieux...

Applications thérapeutiques du rire


De nombreuses études ont été publiées sur les effets de l’humour et du rire sur la santé. Cependant, leurs résultats sont rarement concluants hors de tout doute. En effet, les chercheurs font souvent remarquer que des études plus approfondies seraient nécessaires afin de mieux comprendre le concept de l’humour et ses implications dans les soins de santé15-17. Même si des bénéfices ont été rapportés dans diverses situations, en général, les essais cliniques ne sont pas conçus pour valider directement l’efficacité thérapeutique du rire18. La majorité des études réalisées sur le sujet sont aussi de faible qualité méthodologique17,19. De l’aveu même des chercheurs, les recherches fournissent peu de preuves sur les effets vraiment spécifiques de l’humour et du rire sur la santé7. Voici tout de même les résultats des études les plus probantes.

Recherches

Efficacité possible Réduire la perception de la douleur. Quatre études cliniques aléatoires ont évalué l’efficacité du rire pour combattre la douleur20-23. Dans ces études, la tolérance à la douleur des participants a été mesurée avant et après des interventions comme l’écoute de cassettes audio ou de vidéos comiques, l’écoute de cassettes informatives ou dramatiques, la relaxation, ou l’absence d’intervention. La douleur était produite par une pression spécifique exercée sur un bras, par neurostimulation électrique transcutanée ou en plongeant un bras dans l’eau froide. Voici les principales conclusions qui se dégagent de ces études.
  • Le rire augmenterait la tolérance à la douleur mieux que les autres interventions et aussi efficacement que la relaxation. Il n’agirait pas simplement en provoquant une distraction, mais posséderait un réel potentiel de réduction de la douleur.
  • Une augmentation significative de la tolérance à la douleur a été notée jusqu’à 30 minutes après la projection d’un film humoristique.
  • Le visionnement d’un film tragique peut également produire un effet analgésique. Selon les chercheurs, cet effet pourrait donc être attribuable à un éveil émotionnel autant positif (comédies) que négatif (tragédies).
Efficacité incertaine Contribuer au bon fonctionnement du système immunitaire. Plusieurs études de petite envergure portant sur les effets physiologiques du rire ont été publiées24-28,42. Généralement, les expérimentations consistent à faire visionner aux sujets des films comiques ou des documentaires. On mesure ensuite, dans leur sang ou leur salive, les taux de divers composants du système immunitaire comme le cortisol, les cellules NK et certaines immunoglobulines. Voici les principales conclusions de ces essais.
  • Les participants des groupes de rire affichent des taux plus bas de cortisol, une hormone associée au stress, des taux plus élevés d’hormone de croissance et une plus grande diminution du stress par rapport aux sujets des groupes témoins.
  • Après le visionnement d’une vidéo humoristique, l’activité de différents marqueurs de l’immunité, comme les cellules NK et les immunoglobulines, augmente, avec un effet parfois de courte durée, parfois allant jusqu’à 12 heures.
En 2007, les conclusions d’une revue de la littérature scientifique concernant l’influence d’un bon sens de l’humour, d’une exposition à l’humour et du rire sur les différents paramètres mesurés du système immunitaire, étaient similaires à celles observées antérieurement dans les plus petites études29.
Efficacité incertaine Soulager les personnes ayant des problèmes de peau. Une étude en chassé-croisé30 a été réalisée auprès de 20 personnes souffrant d’eczéma et de 20 sujets sains. Les auteurs ont étudié l’effet du visionnement d’une vidéo humoristique en comparaison avec un documentaire. Tous les sujets ayant vu la vidéo humoristique ont connu une augmentation significative de leur taux de dermicide (un antimicrobien produit par les glandes salivaires, dont le taux est faible chez les personnes souffrant d’eczéma). Le visionnement du documentaire n’a entraîné aucun changement. Les auteurs concluent que le rire pourrait augmenter les propriétés antimicrobiennes de la salive tout en s’avérant une piste intéressante dans le traitement de l’eczéma.
Une autre étude a évalué l’effet du visionnement d’une vidéo humoristique ou d’information chez 40 enfants sains et 40 enfants atteints de dermatite atopique31. L’étude portait sur les réveils nocturnes, l’anxiété, la régulation de l’appétit et les taux salivaires de ghréline, une hormone impliquée dans le stress. Chez les enfants atteints de dermatite atopique, le nombre de réveils nocturnes et les taux de ghréline ont été réduits à la suite du visionnement de la vidéo humoristique. Chez les enfants sains, aucune vidéo n’a eu d’effet sur les paramètres mesurés.
Efficacité incertaine Améliorer la fonction pulmonaire des personnes souffrant d’asthme bronchique. Dans une petite étude en chassé-croisé incluant 35 patients souffrant d’asthme et 35 sujets sains, les auteurs se sont penchés sur l’effet du visionnement d’une vidéo humoristique sur la réponse bronchique32. Le visionnement de cette vidéo, comparativement à une vidéo d’information portant sur la météo, a entraîné une réduction significative de la réponse bronchique.
Une autre étude réalisée auprès de patients souffrant de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) grave montrait que le sourire induit par une intervention humoristique pouvait réduire l’hyperinflation (piégeage de l’air dans les poumons)33. Les auteurs mentionnent que pendant un sourire ou un rire, l’expiration est prolongée par rapport à l’inspiration, ce qui ne devrait pas accroître considérablement la ventilation, ni la consommation d’oxygène.
Efficacité incertaine Améliorer l’état des personnes atteintes de schizophrénie. Deux études aléatoires ont évalué l’effet de l’humour et du rire chez des patients atteints de schizophrénie. La plus récente, publiée en 2006, a évalué l’effet de l’humour chez 29 patients souffrant de schizophrénie chronique38. Pendant 3 mois, les participants ont visionné un film par jour, 5 jours par semaine. Il s’agissait soit de films drôles, soit de films « neutres ». Les résultats ont révélé une diminution de la colère, de l’anxiété et de la dépression et une amélioration des compétences sociales.
Dans l’autre étude, publiée en 2001, 44 patients ont vu soit des comédies, soit des films variés, 4 fois par jour, 5 jours par semaine durant 3 mois35. Les auteurs n’ont noté aucune différence significative entre les deux groupes. Toutefois, chez les membres du groupe « comédies », une amélioration de la perception du soutien qu’ils recevaient du personnel traitant a été constatée. Les chercheurs concluent que l’atmosphère positive suscitée par l’humour pourrait améliorer les liens entre le personnel traitant et les patients.
En 2009, une revue de la littérature scientifique a porté sur l’utilisation de l’humour dans lamaladie mentale. Les résultats ont révélé qu’il existe une meilleure compréhension des effets directs et indirects de l’humour et du rire sur les perceptions, attitudes, jugements et émotions auprès de personnes souffrant de maladie mentale sérieuse36. Cependant, l’auteur mentionne que les études structurées font encore défaut et que les études actuelles montrent d'importantes lacunes méthodologiques. Cela fait en sorte qu’il est difficile de statuer sur l’efficacité de la thérapie par l’humour.
Efficacité incertaine Réduire l’anxiété préopératoire des enfants. Un récent essai clinique aléatoire a étudié l’effet des clowns sur l’anxiété de 40 enfants et de leurs parents durant l’induction de l’anesthésie pour une chirurgie mineure37. Les résultats montrent que les niveaux d’anxiété des enfants du groupe avec clowns ont été moindres que ceux du groupe témoin.
Efficacité incertaine Améliorer l’état de santé des personnes âgées. Chez les personnes âgées, l'humour est régulièrement utilisé pour faciliter la communication et éviter les conflits. Dans une étude réalisée dans quelques hospices américains, l'humour était présent dans 88 % des interactions avec les professionnels de la santé et était initié par les patients 70 % du temps38. Par contre, quelques études ont montré que les personnes âgées utilisaient de moins en moins l’humour en avançant en âge39.
Une étude, réalisée auprès d’adultes âgés de 50 ans à 75 ans et de 75 ans et plus, a montré que l’utilisation de l’humour améliore la capacité d’adaptation au stress et amène une plus grandesatisfaction de la vie40. Une autre étude, de type exploratoire, a révélé que le sens de l’humour peut jouer un rôle important dans le renforcement du sentiment d’efficacité personnelle des individus et dans la gestion de leur santé41.

Contre-indication

L’humour et le rire peuvent, a priori, paraître dépourvus d’effets secondaires. Pourtant, certaines précautions s’imposent. Par exemple, chez des personnes paranoïdes, gravement malades ou en soins palliatifs, l’humour doit être utilisé avec précaution, car il pourrait être mal interprété.
De plus, avant de participer à une séance de rire comme celles qui se déroulent dans les clubs du rire, on conseille d’obtenir l’avis d’un médecin dans les cas suivants : descente d’organes (de vessie par exemple), glaucome, hernie abdominale, hypertension artériellehémorroïdes actives,troubles cardiaques, après une chirurgie abdominale, et durant une grossesse à risque.

Rire
Section Applications thérapeutiques
Recherche, rédaction : 
Estelle Vallée, M. Sc., Chaire en approche intégrée en santé, Université Laval.
Révision scientifique 
: Geneviève Asselin, M. Sc., M.B.A. et Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire en approche intégrée en santé, Université Laval.
(septembre 2010)

La thérapie par le rire en pratique


Les Clubs de rire, basés sur le modèle du Dr Kataria, proposent des séances de rire en groupe, notamment en milieu de travail, dans les organismes communautaires et les écoles. Des exercices d’étirement et de respiration profonde, entre autres issus du yoga, permettent de stimuler le rire, de détendre le corps et l’esprit et d’oxygéner l’organisme. Toutes sortes de jeux ont pour but de provoquer le rire et de le rendre contagieux. On peut ainsi former un cercle et taper des mains en vocalisant au même rythme des « oh oh oh » et des « ah ah ah ». Ou lancer un ballon imaginaire semeur de rire à un partenaire, qui se met à rire dès qu’il l’attrape, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde s’esclaffe. Ou encore sortir la langue en maintenant les yeux ouverts et en rugissant comme un lion, tout en laissant jaillir son rire du ventre. Pour avoir un aperçu d'une séance de rire en groupe, voir les vidéos sur le site du World Laughter Tour.Divers intervenants offrent des ateliers spécialisés de 1 jour ou 2 qui mettent l’accent sur l’humour et le rire comme outils de croissance personnelle ou d’intervention en entreprise. D’autres offrent des séminaires de formation pour devenir « animateur de rire ». Pour les connaître, taper Yoga du rire et le nom de sa région dans un moteur de recherche sur Internet. Des conférences et des séances de groupe de thérapie par le rire sont aussi offertes un peu partout dans le monde, entre autres par le Gesundheit Institute du Dr Patch Adams et l’Association for Applied and Therapeutic Humor.
L’Association for Applied and Therapeutic Humor publie un bulletin ainsi qu’un compte rendu des ateliers-conférences tenus annuellement, principalement aux États-Unis, au cours desquels des spécialistes présentent les résultats de leurs expérimentations.
Enfin, différents professionnels de la santé utilisent délibérément l’humour et le rire pour améliorer leurs relations avec leurs patients, détendre l’atmosphère et les aider à adopter une attitude plus saine envers la vie.

Les bienfaits du sport...


On ne le dira jamais assez : l’activité physique, c’est bon pour la santé. Alors qu’il reste pour beaucoup, synonyme de corvée, le sport est un moyen simple de rester en bonne santé morale et physique. Les efforts à fournir paraissent bien minces, au vu des bienfaits qu’il procure…

...le plaisir

Bienfaits du sport
Lorsqu'on pratique une activité physique, on peut y éprouver du plaisir. Au bout de 15 à 30 minutes d'effort soutenu, l'organisme libère des hormones, comme les endorphines et la dopamine. Grace à elle, le corps s’abandonne, les muscles se relâchent et une sensation deplénitude nous envahit.
En faisant de l'exercice physique, la fabrication d'endorphines peut être augmentée jusqu'à cinq fois par rapport à la quantité normale. On retrouve notamment ces endorphines après l'acte sexuel.



...le bien-être

Bienfaits du sport
Les hormones libérées comme la sérotonine agissent directement sur l’anxiété, le stress et l’humeur.
Des études ont montré que l’exercice physique pouvait être plus efficace que les médicaments pour soigner ladépression. Le dosage a son importance : 20 minutes à intensité moyenne, trois fois par semaine, suffisent pour induire un effet sur la partie du cerveau qui contrôle l’humeur.




...la longévité

Bienfaits du sport
C’est une gérontologue de l’université d’Harvard, Anne Fabiny, qui le dit : « l’activité physique est ce qui se rapproche le plus de la fontaine de Jouvence ».
Des recherches démontrent que la perte d’autonomie est souvent liée à un mode de vie sédentaire, et non au vieillissement en soi. Mieux, elles concluent que l’activité physique est efficace pour augmenter la longévité et qu’elle aide à prévenir le déclin desfonctions immunitaires.

.la ligne

Bienfaits du sport
La marche et les efforts de la vie quotidienne sont utiles pour la ligne mais ce sont les activités de type aérobique (avec élévation du rythme cardiaque) qui sont les plus efficaces: course à pied, vélo, natation, ...
Elles permettent de perdre du poids sans réduire drastiquement l’apport de calories, pour peu qu’on les pratique de façon assidue (environ trois fois par semaine). L’organisme s'habitue au nouveau train de vie et brule davantage de calories.

...la condition physique

Bienfaits du sport
L’activité physique permet d’avoir une bonne condition physique (souplesse, renforcement des muscles, etc...).
Elle améliore donc l’endurance (capacité à résister à la fatigue), la force, la coordination (l’adresse, la précision) et la forme. Et quand on est en forme, les activités courantes – comme sortir les poubelles, pousser la voiture ou laver les vitres – sont nettement plus faciles!

...moins de maladies graves

Bienfaits du sport
Les recherches démontrent que l'activité physique pratiquée régulièrement réduit les risques de troubles cardiovasculaires et cérébro-vasculaires, d'hypertension, de diabète de type 2, d'ostéoporose, de cancer du côlon, etc...
Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire d’avoir une activité ininterrompue pendant 40 minutes : 3 périodes de 10 minutes (minimum) dans la journée suffisent.

...une vie plus facile

Bienfaits du sport
Une activité physique régulière, permet aussi de réduire considérablement des problèmes qui, sans être graves, peuvent nuire à une bonne qualité de vie : tendinite, ankylose, perte d'amplitude articulaire, douleurs, manque de souffle ou de force,...
Pour les allergiques au sport, rappelez-vous que toutes sortes d’activités font partie de ce qu'on appelle « l'activité physique » : la marche quotidienne, le jardinage, les activités reliées au travail, les jeux avec les enfants, le ménage...






La vitamine C, une alliée santé de choix !


1. Pourquoi consommer de la vitamine C ?

La vitamine C ou acide ascorbique fait partie des nutriments phare sur lesquels il faut miser pour être en bonne santé. Mais au cours de l’évolution, le corps humain a perdu sa capacité à la synthétiser : l’alimentation est donc le seul moyen d’avoir un apport en vitamine C. 

Attention aux idées reçues : la vitamine C n’apporte pas d’énergie puisqu’elle ne possède pas de calories. Dire que la vitamine C empêche de dormir est par conséquent une idée fausse. Cette hypothèse n’a jamais été prouvée. En revanche, la vitamine C aurait un effet déstressant et défatigant sur le long terme. 

La vitamine C constitue également un antioxydant de taille qui permet de lutter contre le vieillissement cellulaire. Elle protège des maladies coronariennes et dégénératives (cataracte, dégénérescence maculaire, etc…), de certains cancers et plus globalement du stress oxydatif, c’est-à-dire des dommages causés par les radicaux libres. La vitamine C est aussi une alliée beauté puisqu’elle limite le vieillissement cutané.

2. Nos besoins journaliers en vitamine C



A l’heure d’aujourd’hui, les études se contredisent encore sur l’apport journalier conseillé en vitamine C. Selon le pays, l’apport nutritionnel recommandé (ANR) peut varier entre 40 et 120 mg par jour. 

Au Canada et dans de nombreux pays d’Europe, l’ANR en vitamine C est de 90 mg pour un homme adulte et de 75 mg pour une femme du même âge (En savoir plus). En France, les nutritionnistes recommandent un apport quotidien d’environ 110 mg de vitamine C pour un adulte. 

Une étude parue en juin 2012 dans la revue Critical Review in Food Science and Nutrition1 révèle cependant que l’apport journalier idéal serait de 200 mg. Ce ne serait qu’à partir de ce seuil que l’on pourrait pleinement profiter de ses bienfaits antioxydants et revitalisants. Les études s’accordent en revanche pour dire que les besoins en vitamine C des fumeurs doivent être plus importants (environ 35 mg supplémentaires). 

A noter : Il faut savoir que les risques de carence en vitamine C sont devenus très rares. Une carence peut cependant toujours apparaître si l’on en consomme moins de 10 mg par jour. Le scorbut, provoqué par une carence en vitamine C est le principal risque à encourir. 

3. Où trouver la vitamine C ?


Il n’est pas facile d’avoir un apport suffisant en vitamine C tout au long de l’année. On constate par exemple une augmentation des apports moyens envitamine C durant l’été grâce à la consommation de fruits et légumes frais. Il est néanmoins possible de trouver dans son alimentation un apport suffisant en vitamine C tout au long de l’année. 

Palmarès des 10 fruits et légumes contenant une bonne teneur en vitamine C pour 100 g : 

1. La cerise acérola = 1000 mg 
2. La baie d’églantier = 750 mg
3. La goyave = 240 mg
4. Le cassis = 200 mg 
5. Le poivron rouge = 190 mg
6. Le kiwi = 80 mg
7. Le chou de Bruxelles = 62 mg
8. La fraise = 60 mg
9. Le brocoli (cuit) = 60 mg
10. L’orange = 52 mg

4. Conserver la teneur en vitamine C des aliments


Comme tous les nutriments, la vitamine C est très fragile. A partir de 3 à 4 jours, on observe une déperdition de la teneur en vitamine C dans les fruits et légumes. Elle est sensible à la lumière, à l’air (oxygène), à la température et à la durée de cuisson. On dit aussi que la vitamine C est hydrosoluble, c’est-à-dire qu’elle se dissout dans l’eau. 

En fonction du mode de cuisson ou de la durée de stockage, on constate une déperdition plus ou moins importante (de 30 à 50%) de la teneur en vitamine C des fruits et légumes. Par conséquent, il est conseillé de préférer les cuissons rapides à la vapeur, au four ou au micro-ondes qui demandent un minimum d’eau. 

Astuces pour conserver la vitamine C dans les aliments : 

- Pensez aux surgelés qui conservent de façon correcte la teneur en vitamine C lorsque vous n’avez pas la possibilité de consommer des fruits et légumes frais. 
- Préférez les fruits et légumes crus et frais qui auront forcément une teneur en vitamine C plus importante. 
- Pelez finement vos fruits et légumes car c’est dans la peau que se trouve la majeure partie de la vitamine C. Si vous gardez la peau, veillez à laver soigneusement (mais rapidement) vos fruits et légumes. 

5. Les suppléments de vitamine C


En cas d’apport insuffisant, il existe des compléments alimentaires à base de vitamine C. 

Les suppléments de vitamine C sur le marché sont composés d’acide ascorbique (nom scientifique de la vitamine C) ou d’ascorbate. On compte parmi les suppléments à base d’ascorbate les plus courants, l’ascorbate de sodium (sel de sodium de la vitamine C) et l’ascorbate de calcium (sel d’acide ascorbique et de calcium). 

Plusieurs fabricants commercialisent des suppléments de vitamine C renfermant des flavonoïdes connus pour optimiser l’absorption de la vitamine C. Cependant, vérifiez que les flavonoïdes soient présents en quantité suffisante, c’-àdire au moins 60 mg par comprimé ou capsule pour avoir cet effet.

6. Précautions particulières


Les apports maximum tolérés en vitamine C sont les suivants : 

- De 1 à 3 ans = 400 mg 
- De 4 à 8 ans = 650 mg 
- De 9 à 13 ans = 1 200 mg 
- De 14 à 18 ans = 1 800 mg 
- Plus de 18 ans = 2 000 mg 

De hautes doses de vitamine C peuvent occasionner des selles molles, des diarrhées et des troubles gastro-intestinaux. Dans ce cas là, il est nécessaire de réduire rapidement son apport en vitamine C.

Boire trois tasses de café par jour diminuerait les risques de décès


Les adultes de 50 à 71 ans qui boivent au moins trois tasses de café par jour pourraient voir leur risque de décès diminuer de 10% par rapport à ceux qui n'en consomment pas, selon une étude de l'Institut national américain du cancer (NCI) publiée mercredi.
Cette recherche a été menée à partir d'un questionnaire soumis à un groupe de 400.000 personnes de cette classe d'âge, de 1995 à 1996. Les participants ont été suivis jusqu'au 31 décembre 2008.
Les résultats, parus dans la revue médicale New England Journal of Medicine (NEJM) datée du 17 mai, montrent ainsi que les personnes consommant en moyenne trois tasses de café par jour, normal ou décaféiné, présentent moins de risques de décéder de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, d'attaques cérébrales, de blessures, d'accidents, de diabète ou d'infection, que celles qui n'en boivent pas.
Les chercheurs ont toutefois noté un très léger accroissement du risque de cancer chez les hommes gros consommateurs de café. En revanche, chez les femmes, ils n'ont constaté aucun lien direct entre le fait de boire du café et les décès dus au cancer.
Pour ne pas avoir de résultats faussés, les auteurs de cette étude ont également pris en compte d'autres facteurs de mortalité, comme le tabagisme ou une consommation excessive d'alcool.
Ces chercheurs mettent cependant en garde contre le fait qu'ils ne peuvent pas être certains, scientifiquement parlant, que la consommation de café prolonge la vie.
"Le café est la boisson la plus consommée en Amérique mais le lien entre sa consommation et le risque de décès n'est pas clair", souligne le Dr Neal Freedman, de la division d'épidémiologie du cancer et de génétique à l'Institut national américain du Cancer, et principal auteur de cette recherche.
"Nous avons découvert que la consommation de café était liée à un risque moindre de mortalité en général", ajoute-t-il.
"Bien que nous ne puissions pas conclure à l'existence d'une relation de cause à effet entre le fait de boire du café et un risque plus faible de mortalité, nous pensons que ces résultats donnent certaines assurances sur le fait que cette boisson n'est pas néfaste pour la santé", relève encore le Dr Freedman.
Ces chercheurs soulignent aussi que les habitudes de consommation de café chez les participants ont été estimées à partir d'un questionnaire sur une certaine période mais ne reflètent pas les habitudes sur le long terme.
Ils précisent également ne pas avoir eu d'informations sur la manière dont le café était préparé (expresso, filtre, etc.), et donc sur les niveaux des ingrédients ayant des effets protecteurs.
"Le mécanisme par lequel le café réduirait la mortalité n'est pas clair car cette boisson contient plus de mille substances différentes pouvant potentiellement affecter la santé", explique le Dr Freedman.
"De ces substances, la caféine est la plus étudiée mais dans cette étude les effets protecteurs ont été les mêmes chez les buveurs de café décaféiné", relève-t-il.

dimanche 16 septembre 2012

Notre vie sexuelle a-t-elle vraiment changé en cinquante ans ?


Le cinéma met à l’honneur Alfred Kinsey et son rapport, véritable bombe dans les années 1950 : pour la première fois, nos pratiques sexuelles étaient rendues publiques. En cinquante ans, la parole nous a libérés. Mais à quel point ?


A lire :
- Le Dictionnaire de la sexualité humaine, ouvrage collectif dirigé par Philippe Brenot, couvre un domaine qui va de l’amour à l’érotisme, en passant par le fonctionnement hormonal (L’Esprit du temps, 2004).
- Le Journal d’Arthur et Chloé de Philippe Brenot. Une initiation sentimentale et amoureuse à partir des cahiers secrets d’Arthur et Chloé qui, en classe de quatrième, découvrent leurs différences et leurs ressemblances, leurs interrogations et leurs inquiétudes (Odile Jacob, 2004).
- Le Journal d’un sexologue d’Alain Héril. L’auteur livre des pistes pour être à l’aise dans sa sexualité (Courrier du livre, 2003).
- De la sexualité en démocratie de Valérie Daoust. Ou comment l’époque permet à chaque individu d’inventer son comportement sexuel (PUF, 2005).
- La Sexualité des femmes n’est pas celle des magazines de Catherine Blanc. L’auteur nous fait partager son expérience de thérapeute à laquelle les femmes viennent parler de leur sexe, de leurs fantasmes, de leur plaisir et de son absence (La Martinière, 2004).

Si l’observation des insectes avait captivé le docteur Alfred Kinsey toute sa vie, la révolution sexuelle n’aurait peut-être jamais eu lieu. Nous sommes à la fin des années 1930, aux Etats-Unis. En bavardant avec ses étudiants, Kinsey, estomaqué par leur ignorance crasse, décide de délaisser l’entomologie pour une mission cruciale : explorer la sexualité masculine. Il accumule des milliers de témoignages et publie, en 1948, le rapport explosif qui porte son nom ("Sexual Behavior in the Human Male" - Indiana University Press, 1998, édition en anglais). Le livre est accueilli avec stupeur et enthousiasme outre-Atlantique et dans de nombreux pays occidentaux, dont la France. Pour la première fois, il dévoile à des sociétés muettes sur le sexe, impitoyables avec l’homosexualité et l’avortement, la réalité crue de la vie sexuelle des individus.
Cinq ans plus tard, Kinsey récidive avec une étude sur la sexualité féminine ("Sexual Behavior in the Human Female" - Indiana University Press, 1998, édition en anglais). Cette fois, c’est le scandale, le docteur devient un paria. Ce qui était acceptable pour les hommes ne l’est pas pour les femmes. Son courage et sa curiosité scientifique ont pourtant profité à tous et largement contribué à la libération des mœurs.
Celle-ci a balayé des tabous majeurs. Mais si, il y a à peine cinquante ans, on jugeait anormal tout individu qui s’intéressait trop au sexe, une nouvelle culpabilité a surgi : aujourd’hui, ce sont ceux qui ne s’y intéressent pas qui sont mal jugés. En matière de comportement sexuel, la société nous impose des normes qui nous rendent beaucoup moins libres que nous l’imaginons. « J’entends beaucoup parler de simulation par mes patientes, rapporte Alain Héril, sexologue et psychothérapeute. Elles le font par crainte que leur partenaire ne se détourne d’elles. Les hommes veulent faire jouir les femmes comme si c’était la seule façon de se rassurer sur leur virilité, et comprennent difficilement que certaines d’entre elles préfèrent parfois une relation moins performante. »
D’après Philippe Brenot, psychiatre et thérapeute de couple, ce sont ces mêmes peurs de perdre l’autre qui poussent les femmes à accepter, à l’encontre de leur désir pour la plupart, l’échangisme ou la sodomie, pratiques souvent proposées par les hommes. L’essor de la pornographie, l’érotisation extrême de notre environnement ont grandement désacralisé la sexualité. Au point de la vulgariser et d’en désamorcer les enjeux réels. « La société fabrique des normes, notamment pour rentabiliser les plaisirs de l’individu (messageries, sex-shops, échangisme) », observe Valérie Daoust, sociologue et professeur à Ottawa, au Canada.
Pour autant, dans l’intimité, les pratiques sexuelles ont-elles évolué au diapason de cette marchandisation et des images dont nous sommes bombardés ? Pas sûr. Beaucoup ne veulent pas céder à ces diktats. « L’’individu contemporain, selon Valérie Daoust, a les moyens de refuser ces modèles au profit d’une multitude de possibilités, qui vont de la rencontre sexuelle sans sentiment aux amours les plus romantiques. »
Parmi les changements flagrants de modèles, la hiérarchie entre identités féminine et masculine s’atténue. « Les femmes empruntent aux hommes leur vocabulaire, leur façon de prendre les devants, observe Catherine Blanc, psychothérapeute et sexothérapeute. Mais ont-elles acquis une vraie liberté ? Est-ce là la bonne voie pour que les femmes soient au plus près de leurs vrais désirs, ou n’est-ce qu’une manière de s’approprier le masculin ? C’est à cette question que sont confrontées les femmes d’aujourd’hui. »
Une question qui oblige à une réflexion profonde sur « comment aimer » et « comment vivre à deux ». La relation au sein du couple a elle aussi connu une vraie mutation. « La parole s’est installée à l’intérieur des couples, parfois avec l’aide d’une tierce personne lorsqu’il y a des difficultés particulières, souligne Philippe Brenot. C’est révolutionnaire, car parler, c’est déjà délier. Ainsi certains symptômes comme le vaginisme, que je rencontrais souvent lorsque j’ai commencé à exercer, ont quasiment disparu. »
Cette parole libérée, ce sont surtout les femmes qui l’ont prise en charge, révélant aux hommes que la sexualité féminine avait ses propres données. « Grâce à ce dialogue instauré, les préliminaires se sont développés, poursuit Alain Héril. La parole a fait tomber la culpabilité, et les femmes se sentent en droit de réclamer certaines caresses comme le cunnilingus. Elles n’en sont plus à penser que l’orgasme clitoridien est moins valorisant que le vaginal. Leur souci premier est de prendre du plaisir. »

Le troisième âge du sexe

A voir :
Dr Kinsey, parlons sexe ! de Bill Condon, avec Liam Neeson et Laura Linney. Comment Alfred Kinsey, entomologiste mondialement reconnu, a mis la même passion à observer les comportements sexuels de ses contemporains que celle qu’il avait déployée, pendant vingt ans, à comprendre la vie des guêpes.
L’autre grand bénéficiaire de cette révolution est la génération qui l’a initiée, dans les années 1960. Cet actuel « troisième âge », après avoir impulsé des changements majeurs, entend bien continuer à les savourer, aidé par les progrès de la médecine et une espérance de vie qui est passée, en un siècle, de 50 à 82 ans. « La ménopause ne signifie plus l’arrêt de la vie sexuelle, explique Philippe Brenot, et lorsque des individus se retrouvent seuls aux alentours de 70 ans, ils se sentent autorisés à engager une relation sans craindre le ridicule. » Il n’est plus tabou de dire qu’un sexagénaire est tout aussi sensible au désir et à l’amour qu’un trentenaire. « Et puis les générations se mélangent joyeusement, ajoute Alain Héril, pas seulement des hommes de 60 ans avec des femmes de 35, mais aussi des femmes de 50 avec des jeunes gens. L’énergie circule. »
L’individu est donc aujourd’hui libre d’être libre. La sexualité devient l’occasion d’un extraordinaire approfondissement de la connaissance de soi-même et du monde. La transparence des comportements sexuels qui s’est instaurée grâce à Kinsey depuis les années 1950 nous a appris qu’il n’y avait pas une sexualité, mais des sexualités. A chacun aujourd’hui d’inventer la sienne.

Libération sexuelle : les dates clés

  • 1948 Rapport Kinsey sur la sexualité masculine : 90 % des hommes disent pratiquer la masturbation ; 50 %, avoir des liaisons extraconjugales. Alfred Kinsey invente le concept de bisexualité et fait reconnaître les homosexuels.
  • 1953 Rapport Kinsey sur la sexualité féminine : 62 % des femmes déclarent se masturber ; près de la moitié, avoir eu des relations sexuelles avant le mariage ; et 26 %, entretenir une liaison en dehors de leur mariage.
  • 1967 En France, la loi Neuwirth libéralise la vente et l’utilisation des moyens de contraception féminins. Procréation et sexualité sont dès lors dissociables.
  • 1968 Rapport de William Masters et de Virginia Johnson, deux médecins américains. En plus de s’interroger sur le quantitatif, ils questionnent aussi sur le plaisir ou le déplaisir apporté par les pratiques sexuelles.
  • 1972 Premières données récoltées auprès des Français par le docteur Pierre Simon. Il révèle la réalité de la pratique de la masturbation et de la fellation, l’existence de la sodomie, et parle de l’homosexualité, alors considérée comme inacceptable.
  • 1974 Vote de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
  • 1993 Rapport d’Alfred Spira, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui étudie l’évolution des comportements sexuels depuis l’épidémie de sida. En vingt ans, le nombre de partenaires par individu a augmenté : autour d’une dizaine pour les trentenaires, hommes ou femmes. L’âge de la première relation sexuelle est devenu identique pour les garçons et pour les filles, en moyenne 17 ans, alors qu’il était auparavant plus précoce pour les garçons.

Laisser bébé pleurer (un peu) n’est pas mauvais pour sa santé


Il y a les pour et il y a les contre. Faut-il laisser le bébé pleurer un peu durant la nuit ? Une nouvelle étude vient de renvoyer les deux parties dos à dos : dans un cas ou dans l'autre, les enfants se portent aussi bien…
  • Un dossier pour tout savoir sur les bébés 
Lorsque le bébé se réveille en pleine nuit et se met à pleurer, que faut-il faire ? Se précipiter pour le rassurer ou le laisser s’exprimer un peu avant de venir le retrouver ? Les pédiatres ne se sont toujours pas mis d’accord sur cette question.
Les uns pensent que délaisser l’enfant conduit d’une part à affaiblir l’attachement qu’il a pour sa mère et à faire baisser l’estime de soi. De plus, une étude publiée en décembre dernier montrait que le stress engendré durant les premiers temps de la vie pouvait avoir de sévères répercussions sur le développement neurologique du bébé, et lui causer des traumatismesdurables.
Les autres en revanche considèrent que laisser pleurer le nourrisson est une expérience formatrice (si on ne le laisse pas trop longtemps), qu’il n’en souffre pas et qu’en plus, l’anxiété maternelle finit par diminuer. Pour apporter des réponses à ce débat, des scientifiques du Royal Children’s Hospital de Victoria (Australie) ont suivi des enfants pendant plus de cinq ans pour voir si ceux qu’on avait laissé pleurer se portaient plus mal que les autres. Apparemment non, d'après les résultats publiés dans la revuePediatrics.
Bébés pleureurs ou non, tous se portent aussi bien
En tout, 326 familles ont été recrutées. Chacune était libre d’élever son bébé selon les différentes méthodes. Une partie d’entre elles ont opté pour la technique du pédiatre Richard Ferber, dite des pleurs contrôlés, qui invite les parents à habituer le bébé à se plaindre un peu plus longtemps nuit après nuit avant l'intervention des parents. D’autres ont pratiqué la méthode du camping out, à savoir venir dans la chambre du nourrisson quand il est en pleine crise de larmes mais simplement se placer à côté de lui, sans le prendre dans ses bras. Un troisième lot regroupait les enfants « contrôle », ceux qui étaient aussitôt rassurés par leurs parents.
Dors bébé, dors. Au moins la question de savoir si tes parents doivent te laisser pleurer ou non ne se pose pas...
Dors bébé, dors. Au moins la question de savoir si tes parents doivent te laisser pleurer ou non ne se pose pas... © Ambrozinio, StockFreeImages.com
Régulièrement, des mesures pour évaluer le développement affectif, la santé mentale ou la capacité à gérer le stress ont été entreprises depuis l’âge de 7 mois jusqu’à leurs 6 ans. Et l'analyse est formelle : à aucun moment ces bambins n’ont présenté de différences avec leurs homologues. Pas de trouble du comportement, des émotions, des relations sociales ou dusommeil. Pas de problème d’attachement avec les parents ou avec les personnes extérieures, pas plus de conflits dans la famille. Les parents ne sont pas affectés non plus par les techniques d’apprentissage du sommeil : pas de problème de dépression, d’anxiété ni d’autorité.
Pas de consigne pour les parents
Les auteurs sont allés encore plus loin : ils ont mesuré les taux de cortisol, l’hormone du stress. À ce niveau non plus, aucune différence...
Les méthodes classiques conseillées par les pédiatres semblent donc toutes sans danger pour l’enfant. Ainsi, les chercheurs invitent les parents à opter pour la technique qui leur convient, sans se préoccuper de la santé de leur enfant puisque celle-ci ne sera pas affectée.
En revanche, il est important de ne pas commencer trop tôt. Avant l’âge de 6 ou 7 mois, les spécialistes conseillent de se lever systématiquement et de prendre le bébé dans les bras à chaque crise de larmes. Après, il devient possible de le laisser pleurer un peu. Mais pas toute la nuit !

jeudi 13 septembre 2012

Des souvenirs artificiels créés… en laboratoire


Même un cerveau mort peut avoir de la mémoire. Des scientifiques ont recréé des souvenirs artificiels dans du tissu cérébral de rat, retenus pendant une dizaine de secondes. De belles perspectives en vue ?
La mémoire est un processus très complexe qui se décline en de nombreuses facettes. Qu’elle soit à court ou à long terme, consciente ou inconsciente, elle n’implique pas les mêmes processus. Ainsi, il ne se passe pas la même chose dans le cerveau quand on le sollicite pour pédaler sur un vélo une fois qu’on maîtrise la technique ou bien lorsqu’on veut simplement retenir un numéro de téléphone le temps de le composer.
Dans une étude parue dans les colonnes de la revue Nature Neuroscience, des chercheurs de la Case Western Reserve University School of Medicineracontent comment ils sont parvenus à observer et créer cette mémoire à court terme dans des cerveaux de rats morts. Incroyable mais vrai !
La mémoire à court terme in vitro
Évidemment, réaliser cette expérience implique un protocole complexe. Comme il est difficile de se focaliser sur les souvenirs au niveau d’un seulneurone, les auteurs se sont penchés sur des réseaux de cellules nerveuses, situés dans l’hippocampe, une région du cerveau connue pour être l’un des principaux sièges de la mémoire.
Les rats nous aideront-ils à retrouver la mémoire ?
Les rats nous aideront-ils à retrouver la mémoire ? © Janet Stephens, Wikipédia, DP
Les auteurs ont prélevé des morceaux d'hippocampes de rongeurs et y ont placé des électrodes stimulatrices dans certains neurones très particuliers. L'excitation entraînait l'activation de tout un réseau de cellules nerveusesdurant 10 à 15 secondes, caractéristique de la mémoire à court terme.
De précédents travaux, d'abord menés chez les primates puis plus récemment sur des rats, ont montré que la réussite à des tests demémorisation dépendait de l'activation de ce réseau. Physiologiquement, les scientifiques ont donc créé un souvenir transitoire à travers des connexions déjà établies.
Redonner la mémoire aux patients atteints d'Alzheimer ?
Ils sont même parvenus à caractériser les voies d'entrée de la stimulation. Elles sont au nombre de quatre, et ils ont réussi, au cas par cas, à voir par quelle porte l'information était passée.
Dans une seconde partie de l'expérience, le tissu cérébral a été de nouveau stimulé en plusieurs endroits selon un ordre bien précis. C'est alors que les scientifiques ont vérifié que la mémoire à court terme encodait l'information en se fiant à cet ordre de stimulation plutôt qu'au délai entre chacune d'elles.
L’objectif des chercheurs, à terme, est de mieux comprendre tous les processus impliqués dans la rétention de l’information et le fonctionnement de la mémoire. Ils espèrent que cela débouchera sur des applications concrètes sur des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, durant laquelle les souvenirs sont mis à mal.

Web designer CJRoumain

Contacts: www.facebook.com/cjroumain
www.twitter.com/cjroumain
www.youtube.com/CJRoumain
cjroumain@facebook.com

Ecoutez

Speech by ReadSpeaker

Mes Articles

Widget par cjroumain.blogspot.com
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger... www.cjroumain.blogspot.com

Translate

Followers