samedi 21 janvier 2012

Le sexe nous empêche-t-il de penser ?


A lire aussi sur Psychologies.com
(1) Les hommes en quête de tendresse La gent masculine accorderait-elle aujourd’hui autant d’importance à l’amour et à la tendresse qu’au sexe ? C’est l’un des principaux enseignements d’une enquête inédite, Les Hommes, le Sexe et l’Amour, menée par Philippe Brenot...

Les hommes, en difficulté avec leur virilité, sont en quête de tendresse, constations-nous avec Philippe Brenot, psychiatre et sexologue, dans notre numéro de mai (1). Quelques semaines plus tard, pied de nez de l’actualité, deux affaires de soupçon de viol et de harcèlement sexuel lancent un vaste débat et nous replongent dans des relents de sexisme et de machisme que l’on croyait dépassés. « Et toi, en tant qu’homme, qu’en penses-tu ? Que ressens-tu ? » m’interrogent quelques femmes de la rédaction de Psychologies.
Des affaires en question, pas grand-chose à l’heure qu’il est, tant qu’elles ne sont pas éclaircies. En tout cas, elles confortent mon rejet d’un masculin plein d’arrogance, de certitudes et d’insensibilité. Il n’est pas mort, ce vieux mythe de Valmont, salaud et héros à la fois. Bien sûr, c’est plutôt d’une certaine génération qu’il est question, mais je m’inquiète parfois du grand retour du machisme dans des clips que regardent mes enfants. Ce qui me trouble le plus, dans notre pays censément éduqué, c’est la confusion des mots et des notions.
Comme l’a très justement exprimé la philosophe Michela Marzano, séduction, libertinage, harcèlement et viol ne sont pas la même chose ! Le libertinage ne me choque pas. Je me suis bien et longtemps amusé, et j’ai fini par découvrir que j’aime la fidélité. Je n’ai pas besoin de juger les libertins et autres triolistes pour me rassurer. Mais ne soyons pas naïfs : Don Juan aimait-il ou méprisait-il les femmes ?
Le harcèlement est une autre chose. Surtout lorsqu’il y a abus de position : hiérarchique ou sociale. Se déclarer et insister auprès de quelqu’un, quand la relation est symétrique, n’a rien à voir avec le trouble que crée une relation dissymétrique. Comment écarter son chef, ou un homme de pouvoir qui nous intimide ou nous fascine pour de troubles raisons ? Quiconque est dans cette position « dominante » le sait et a le devoir de ne pas en abuser. Et la loi Guigou est faite pour poser ces limites.
Le consentement n’est pas simple non plus. Après tout l’éducation old school conseille aux jeunes filles de résister, et fait les plus belles pages de la littérature. Scarlett aura longtemps résisté à Rhett Butler. Mais là encore, nous savons tous la différence entre une personne qui joue à résister et une personne qui résiste vraiment. Enfin, la dépendance sexuelle ne peut être confondue avec la séduction : c’est une addiction, comme l’alcool, qui fait perdre la maîtrise de sa vie. En fait, sans excuser quoi que ce soit aux criminels sexuels, l’émotion autour de ces affaires – la nôtre comme celle des experts ! – ne révèle-t-elle pas notre propre confusion, notre fragilité face à la sexualité. Et le déni que nous sommes tous, plus ou moins, capables de déraper un jour ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

Le langage du baiser


Le langage du baiser

Belinda Canonne est essayiste et romancière. Dernier ouvrage paru : La Tentation de Pénélope (Stock, 2010).

Une des premières choses que l’on entend dans la conversation, lorsque l’on parle du baiser, c’est que les prostituées n’embrassent pas. Pourtant, elles vendent leur corps, ce qui nous apparaît à juste titre comme un terrible commerce, où l’on ne « travaille » pas, quoi que l’on en dise, mais où, parce que l’on est démunie, on est contrainte de se livrer, de se vendre, à la jouissance d’autrui. Alors, pourquoi ce refus d’embrasser quand le sanctuaire du corps lui-même n’est plus sacré ? Il me semble que la réponse se trouve dans l’extrême parenté du baiser amoureux avec le désir. Comme celui-ci, le geste d’embrasser répond à une impulsion profonde qui ne se commande pas. C’est sans doute pourquoi la prostituée le réserve à celui qu’elle choisit vraiment. Elle peut vendre son corps, qui est chose matérielle, tandis qu’elle ne peut céder ce qui est immatériel, ce mouvement intime et ingouvernable vers autrui, qui ne peut faire l’objet d’aucune transaction marchande.
Si je dis « parenté avec le désir », c’est aussi pour le distinguer du plaisir. Non que j’aurais quelque chose contre le plaisir, et certes le baiser en procure d’abondance. Mais on sait bien que, alors que le plaisir peut être solitaire, désirer, c’est toujours désirer « un autre », précis. De même, on embrasse toujours « quelqu’un » : le baiser, comme le désir, est une rencontre (délicieuse) avec autrui, autrui que l’on aura élu entre tous… D’ailleurs, ici réside la beauté particulière du baiser : on le donne rarement sans amour. Ne dit-on pas que l’on peut mesurer l’état de la relation dans un couple à la fréquence des baisers échangés ? C’est peut-être pourquoi Musset écrit, dans son poème Idylle (in Poésies nouvelles(Flammarion, “GF”, 2000)), que « le seul vrai langage au monde est un baiser ».
Il existe une tendance forte de notre époque qui consiste à croire que tout s’explique par la biologie, et à nous ramener à notre animalité. Ainsi ai-je entendu un scientifique prétendre que la nature érogène du baiser serait liée au fait que la bouche est très proche du cerveau. En somme, que l’excitation provoquée par un baiser amoureux résulterait de la faible distance que doit franchir le stimulus pour atteindre le centre du système nerveux. Sans m’appesantir sur le fait que la nature a donc bien mal conçu nos corps où, que je sache, le plus sensible ne se trouve pas si près de la tête, je dis : si le baiser nous affecte si intimement, s’il est toujours profonde rencontre avec un autre, n’est-ce pas plutôt que les lèvres font partie du visage, ce visage où s’inscrit pour chacun l’humanité même ? Noblesse du baiser si humain…

L'érection matinale, est-ce du désir ?


Malgré l’abondance d’informations sur la sexualité, nous sommes encore victimes d’idées reçues qui compliquent notre vie sexuelle. Chaque mois, Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, remet à sa place l’une de ces croyances.
Catherine Blanc est l’auteure de La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines (Pocket, “Évolution”, 2009).

« Quand un homme se réveille, il a souvent une érection, à moins qu’il soit trop fatigué, préoccupé, malade, déprimé, ou encore inquiet ou en colère à l’égard de la partenaire qui dort à ses côtés. Pourquoi cette érection matinale, expression d’une bonne santé physique et psychique, serait-elle moins valable que celle déclenchée par la femme arborant des attitudes ou tenues sexy ?
Faut-il entendre dans cette interrogation, le plus souvent féminine, son regret de ne pas être à l’origine de toutes les érections de son compagnon ? L’homme serait- il alors, une fois encore, considéré comme essentiellement régi par ses pulsions, ne trouvant grâce aux yeux de sa compagne que dans sa capacité à répondre à ses seuls désirs ? Dans cette volonté de contrôler l’érection, la femme tente peut-être d’apaiser sa crainte de la sexualité, avec sa part d’animalité et de nécessaire lâcher-prise.
Pourquoi ne pas accueillir cette érection matinale avec le plaisir de voir son homme dans son plus bel état, même si elle n’y est pour rien ? À moins que la femme ne se sente concernée que par celles qu’elle provoque, ou qu’elle l’entende comme une nécessité de faire l’amour. Or, l’érection matinale n’entraîne nulle obligation de relation sexuelle, ni pour l’homme, ni pour la femme.
Elle ne présente aucun inconfort ou danger pour ce dernier, elle est même un plaisir, générant un fort sentiment de victoire. D’origine mécanique ou non, l’érection est une manifestation d’un élan de vie, d’une relation possible. Elle peut donner à l’homme comme à la femme l’occasion et le plaisir d’une rencontre.
Mais là encore, rien d’obligatoire : la femme peut s’autoriser à passer son chemin sans mépris ou agressivité à l’égard, convenons-en, de cette merveilleuse mécanique. Laissons de côté cette suspicion : l’érection matinale de l’homme n’est pas une obligation à la sexualité, juste une opportunité… »

vendredi 20 janvier 2012

Peut-on vivre sans faire l'amour ?


On peut plus facilement vivre sans faire l'amour que sans cœur, sans nourriture, ou sans respirer. Mais une chose est certaine : on ne peut vivre sans amour, sans se sentir aimé.
On sait que les très jeunes enfants privés totalement d'affection et de contacts affectifs tombent dans une profonde dépression, et peuvent aller jusqu'à se laisser mourir. Les adultes aussi.
La seule différence, c'est qu'un adulte peut attendre. Il peut attendre quand il a faim, il n'a pas besoin de se lever pour manger la nuit comme un nouveau-né, il peut attendre pour boire et risque moins la déshydratation qu'un bébé s'il fait chaud. Il peut aussi attendre pour recevoir de l'amour, donc supporter des périodes de frustration. Mais il ira mal si plus jamais personne ne lui donne d'amour.

L'amitié est-elle une alliée du couple ?


Confiance, complicité… Les couples qui durent sont souvent les meilleurs amis du monde. Leur relation peut-elle en souffrir ? Ou au contraire en être renforcée ? Nos spécialistes répondent.

« Le meilleur ami est susceptible d’avoir la meilleure femme, parce qu’un bon mariage est basé sur le talent pour l’amitié », écrivait Nietzsche. Est-ce à dire que devenir amis est la condition (le secret ?) des couples qui durent ? La sexologue Ghislaine Paris, qui a observé de nombreux couples au long cours, l’assure : « Toute relation amoureuse tisse un lien affectif qui s’étoffe avec le temps. Nous prenons confiance en l’autre, nous baissons la garde, nous sentons qu’il sera là pour nous en cas de coup dur. La complicité, la confiance s’installent petit à petit, comme dans la relation amicale. D’ailleurs, s’il n’était question que d’amour physique, nous nous contenterions de relations éphémères. »

A lire
Qui aime quand je t’aime ? de Catherine Bensaid et Jean-Yves Leloup : Le double regard d’une psychanalyste et d’un philosophe et psychothérapeute sur ce sentiment universel (Pocket, “Évolution”, 2011).
La question amuse beaucoup la psychanalyste Sophie Cadalen. « La présence de l’amitié n’induit pas forcément la perte de l’amour, fait-elle remarquer. Nous ne sommes pas dans un système de vases communicants, où l’un se viderait pour être remplacé par l’autre. Le couple est un lieu où nous portons différentes casquettes : nous sommes amants, parents, associés, amis selon les moments, rien ne s’exclut. » Et certainement pas l’aspect sexuel.
« La relation reste sexuée, ne serait-ce que parce que nous partageons une intimité que nous n’avons pas avec nos amis, explique la psychiatre et psychanalyste Catherine Bensaid. Quand nous sommes avec celui ou celle que nous aimons, il existe une dimension supplémentaire, une intensité, un vibrato, qui n’est pas présente dans l’amitié. »

Beaucoup de sexe, pas d’amitié

D’où vient alors notre crainte de glisser peu à peu vers un sentiment purement amical au fil du temps ? D’un malentendu, qui renvoie à la phase fusionnelle de la passion. Au début de la relation, la dimension amicale est inexistante dans le couple, car la plupart du temps, nous nous connaissons mal. « Dans la passion, il y a peu de véritable respect de ce que l’autre vit, et même de ce qu’il est, rappelle Catherine Bensaid. Nous voulons le posséder, nous le voyons comme nous aimerions qu’il soit, et non comme il est. »
Mais qu’importe : nous gardons la nostalgie de cette phase où le désir sexuel battait son plein, sans aucun effort ni volonté.
Sophie Cadalen : « Nous confondons l’amour dans le couple avec l’émotion de la découverte. Certes, le coeur palpite moins au fil du temps, mais pas forcément le sentiment amoureux. La frénésie des débuts n’est pas destinée à durer, sinon, nous serions totalement épuisés ! La relation se transforme, s’apaise, l’anxiété de perdre l’autre diminue, ce qui ne signifie pas pour autant la disparition du désir. »

7 pistes pour une sensualité totale


L’être humain est sensoriel. Certes. Mais il lui faut parfois explorer de nouvelles sensations pour intensifier son rapport au monde. Comment être plus réceptif aux plaisirs que le corps propose ? Sept experts ès sens nous ouvrent la voie.
Aurore Aimelet

1. Offrir sa peau au toucher… et habiter son corps

Être « bien dans sa peau » tient au fait de reprendre contact avec elle. « Le massage permet de se reconnecter avec une sensualité naturelle, dont l’éducation et les diktats socioculturels nous ont éloignés, affirme Galya Ortega, praticienne en soins holistiques et spécialiste du massage. Notre peau est notre premier moyen de communication, notre premier capteur sensoriel lors de la vie intra-utérine. La toucher, la sentir nous ramène à une sécurité de base. » Pour repartir sur le chemin de ces sensations archaïques, massons-nous les uns les autres !
Sans préjugés, de la même façon que l’on masse un nourrisson, geste ô combien recommandé par les pédiatres. Des scrupules ? « On peut alors confier sa peau aux mains d’un spécialiste, suggère Galya Ortega. Ou l’offrir aux éléments extérieurs : fouler le sable pieds nus, sentir le soleil ou le vent sur son visage, l’eau de la douche sur son corps… Il s’agit de saisir le plus souvent possible les messages de bien-être que la peau ne cesse d’envoyer au cerveau. Et se demander : “Qu’est-ce que mon enveloppe, ce lien précieux entre mon monde intérieur et le monde extérieur, m’apprend, à moi, être vivant ?” » Une façon d’habiter son corps, de redevenir sujet de soi-même.

2. Enrichir sa palette olfactive… et mieux se souvenir

Orthophoniste au service de rééducation neurologique de l’hôpital de Garches, dans les Hauts-de-Seine, Christiane Samuel y a organisé avec l’association Cosmetic Executive Women (CEW) des ateliers d’éveil olfactif pour des patients victimes de traumatismes et atteints de troubles de la mémoire ou du langage. Elle est l’auteure, avec Samuel Socquet-Juglard et Patty Canac, d’Êtes-vous au parfum ?
Entrer dans une parfumerie et dénicher la fragrance que portait sa grand-mère. Se souvenir. « Le relais entre une odeur et le cerveau limbique, siège de l’émotion, est très rapide, explique Christiane Samuel, orthophoniste en stimulation olfactive. Une senteur a le pouvoir de faire resurgir à la conscience des pans entiers du passé. » Et l’émotion de pointer son nez, à l’improviste. « L’odeur est immédiatement traduite en ces termes : “Je connais/Je ne connais pas.” Donc “J’aime/Je n’aime pas.”
Apprendre à maîtriser son odorat, créer son répertoire d’odeurs permettent de mieux connaître ses préférences olfactives. » Et, in fine, de mieux nous connaître, tant nos goûts en la matière sont liés à notre histoire personnelle.
Comment enrichir sa palette ? « On peut apprendre à distinguer les épices, les arômes, ceux qui nous plaisent, ceux qui nous gênent, poursuit l’orthophoniste. Pour, plus tard, innover en cuisine ou choisir un parfum d’ambiance qui nous corresponde. On peut plus simplement partir en balade olfactive, dans la nature, bien sûr, mais aussi en ville. Faire les boutiques est une véritable exploration : chacune à son odeur. À nous de découvrir celle dans laquelle on se sent bien, celle qui nous rappelle un événement… » Christiane Samuel est formelle : la madeleine qui ramenait Proust vers son enfance est une réalité neurologique…

3. Savourer la routine… et être à l’écoute de ses émotions

Michèle Freud est l’auteure deRéconcilier l’âme et le corps, quarante exercices faciles de sophrologie (Albin Michel, 2007).
La sensualité serait-elle compatible avec le train-train ? C’est en tout cas l’avis de la psychothérapeute et sophrologue Michèle Freud : « Pourquoi ne pas commencer par une activité routinière et décider de la faire plus consciemment ? Ralentissez tous vos gestes, donnez-leur du temps et emparez-vous de cette foule de détails auxquels vous n’accordiez pas d’importance : repassez des vêtements et percevez l’odeur du linge; empruntez ce chemin mille fois effectué en observant les maisons, les bosquets; buvez votre thé et attardez-vous sur son arôme, sa couleur, sa chaleur, etc. »
Le quotidien regorge de ces petits moments que l’on vit sans y penser, pressé d’en terminer avec nos obligations. « Ils déclenchent pourtant autant de sensations que d’émotions, dès lors que l’on y prête attention, ajoute la thérapeute. Une chose est sûre : la sensualité s’éduque. Elle se cultive et, avec un peu de pratique, distille un plaisir quotidien dans notre corps et dans notre vie. »

L'infidèle est-il égoïste ?


L'infidèle est-il égoïste ?

Malgré l’abondance d’informations sur la sexualité, nous sommes encore victimes d’idées reçues qui compliquent notre vie sexuelle. Chaque mois, Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, remet à sa place l’une de ces croyances.
Catherine Blanc est l’auteure de La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines (Pocket, 2009).

« Peut-être faut-il d’abord s’interroger sur la fidélité. Au fond, pourquoi sommes-nous fidèles ? N’est-ce pas une façon d’attendre le même comportement en retour ? Ce faisant, nous cherchons alors à retrouver auprès de notre partenaire la sécurité dont nous rêvions autrefois : voulant être l’unique de l’autre, tout comme, enfant, nous voulions être l’unique de notre mère, nous promettons fidélité pour apaiser notre inquiétude. Un couple peut être essentiellement lié par la peur d’être remis en question dans sa virilité, sa féminité. Cette fidélité-là n’est-elle pas alors teintée d’égoïsme ?
Par ailleurs, personne n’a la même lecture de l’infidélité. Pour certains, elle commence par la seule pensée ou par des regards échangés. Pour d’autres, tout est possible, tant qu’il n’y a pas pénétration vaginale, ou pas de sentiments. Certains encore ont une relation extraconjugale sans avoir sincèrement l’impression de tromper. Avec l’amant, l’amante, ils explorent un autre aspect d’eux-mêmes, l’un n’enlevant rien à l’autre.
Ce qui compte vraiment, n’est-ce pas la qualité de la relation avec leur partenaire ? Est-il toujours charmant ou devient-il agressif ? Fait-il des comparaisons désavantageuses avec celui ou celle avec qui il a passé l’après-midi ? Là réside la vraie violence. Nous ne pouvons empêcher le désir de circuler, sinon en nous amputant d’une partie de nous-même. Il faudrait pouvoir accueillir tranquillement nos envies d’infidélité, ce qui ne signifie pas pour autant passer à l’acte.
La plupart du temps, elles servent essentiellement à se sentir beau, belle, à avoir de l’ambition pour le couple, en apportant du dynamisme à chacun et à la relation. Idéalement, nous devrions pouvoir nous dire : “Je t’aime pour ce que tu es et je m’en réjouis. Et si je te suis fidèle, ce n’est pas parce que j’en ai besoin, mais parce que j’ai créé une relation de qualité avec toi.” Toutefois, pétris de nos inquiétudes et de notre besoin de contrôle, cet objectif reste toujours bien compliqué à atteindre. »

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